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Jeûner Guérison et
Fête
PRÉFACE DU PROFESSEUR JOYEUX
Qu'est-ce que le jeûne ? Quels sont les avantages et ses dangers
? Les deux sont réels, il faut les connaître. Le jeûne
n'est pas seulement une suppression de l'alimentation ou une mode
pour s'alimenter moins. Le jeûne atteint l'être, le
corps et l'âme de celui qui le pratique. Comme le disait Lanza
del Vasto: "Celui qui jeûne se fait transparent. Les
autres lui deviennent transparents".
J'ai beaucoup hésité à préfacer ce livre,
car il manque les preuves scientifiques-elles sont à faire
- qui permettraient d'affirmer facilement que jeûner oriente
vers la "guérison et la fête du corps et de l'esprit".
Le but de René LEJEUNE n'est pas scientifique, il veut simplement
faire connaître un moyen original peu connu et donc peu utilisé
de nos jours qui aide l'esprit humain à voir plus clair,
à discerner entre l'utile et le futile, l'essentiel et l'accessoire.
Dans sa première partie "l'Esprit du Jeûne",
l'auteur rapporte dans l'histoire humaine les grands noms qui ont
fait l'expérience du jeûne, court ou prolongé,
au maximum de quarante jours. Ils ne peuvent nous laisser indifférents:
Moïse, le prophète Elie, Hippocrate, Socrate, Jésus
Christ, saint Paul, Antoine le père des moines, saint Athanase,
saint Benoit Patron de l'Europe, saint Bernard, Thomas d'Oquin,
Ignace de Loyola, Jean-Marie Vianney,et plus récemment le
Mahatma Gandhi et Lanza del Vasto. Dans tous ces cas, le jeûne
est pratiqué comme une ascèse avec pour but la purification
corporelle et spirituelle, l'intensification de la relation avec
Dieu, de la charité pour les autres.René Lejeune en
connaisseur expérimenté prône le jeûne
global, celui du corps et de l'esprit :"Les résultats
seront à la mesure de ta volonté d'épanouissement
de toutes les dimensions de ton être". Dans la deuxième
partie, l'auteur explique la "pratique du jeûne".
Le malade "se confie à la prodigieuse intelligence du
corps". Mais ne rêvons pas, la médecine traditionnelle
garde sa place. Plutôt que d'un malade en état de jeûne,
je parlerai d'un malade mis à la diète.
C'est vrai que la plupart de nos malades sont "alimentairement"
en état de jeûne; et il est très souvent nécessaire
de les alimenter autrement. Dans notre spécialisté,
la cancérologie, nous avons pu faire des progrès considérables
grâce à la nutrtion artificielle qui constitue quand
c'est nécessaire une véritable assistance nutritive.
Il faut remplacer ce que l'organisme ne peut plus faire seul. Le
minimum calorique et protéique est donc apporté par
une voie "partentérale" lorsque le tube digestif
n'est pas fonctionnel. Notre équipe médicale suit
une jeune femme en nutrition artificielle depuis quatorze ans, nourrie
presque exclusivement par voie veineuse.
Cela ne l'empêche pas de mener une vie sociale et spirituelle
normale.
Il faut insister sur l'intérêt du jeûne des biens-portants,
souvent surnutris. Jeûner de temps en temps est une saine
habitude préventive des maladies métaboliques de la
nutrition. Mais le jeûne doit être fait sous surveillance
médicale car il peut être sélectif, c'est-à-dire
supprimer les aliments les plus toxiques, trop de sucres simples,
trop de graisses saturées dans les viandes surtout rouges.
Il faut lire tout le livre de René Lejeune pour comprendre
quelle place peut avoir le jeûne dans notre vie. S'arrêter
à tel ou tel chapitre, c'est risquer de ne retenir que des
fragments qui pourraient être dangereux.
Le jeûne intégral de deux semaines est toujours suivi
de deux semaines de réalimentation. Pendant les deux premières
semaines seule de l'eau est ingérée. Le jeûne
se fait sous surveillance médicale stricte. Il faut passer
les trois premiers jours qui peuvent être très durs,
éprouvants même. "Le jeûne le plus efficace
est comme une véritable retraite, c'est dans le silence et
la paix qu'il se cherche". Il se pratique dans la solitude.
Le système Allemand de la santé publique-en avance
sur la plupart des pays européens-rembourse la thérapie
par le jeûne, intégral (total) ou partiel (subtotal).
A partir de 1992 les responsables de la santé en Europe devront
se pencher sérieusement sur cette alternative aux thérapeutiques
des états de surnutrition. Comme l'explique le Professeur
Lejeune, l'ascèse du jeûne exige des efforts, comme
ceux de l'alpiniste qui en "bave" pour atteindre le sommet.
D'où la nécessité de s'y préparer, psychologiquement,
physiquement et alimentairement. Toutes les maladies de civilisation
orientent vers une réduction de la consommation en aliments,
vers un meilleur équilibre qualitatif et quantitatif dans
les apports. Je n'irai pas jusqu'à dire que le "jeûne
est comme une opération sans bistouri", cependant je
crois que cette ascèse renouvelée est certainement
bien moins dangereuse que des interventions chirurgicales que l'on
réalise encore chez les obèses quand on a épuisé
tous les effets des médicaments les plus sophistiqués.
Dans sa troisième partie: "Renouveau du jêune",
l'auteur regarde l'avenir de l'homme et la place du jêune
dans ses comportements alimentaires et sociaux. Les deux exemples
qu'il présente traduisent bien ce qui se passe aujourd'hui.
L'homme a souvent perdu la "boussole" de sa vie. Il ne
sait plus où il va, d'où il vient, à quoi il
sert ! Le jeûne, d'abord partiel et plus tard total, peut
y aider. Il devient une sorte de retraite adaptée au monde
moderne, d'exercice spirituel bénéfique pour le corps
et l'esprit. Cette ascèse librement imposée peut donner
une soif de spirituel, d'Essentiel, un appétit de Dieu: "Rien
de plus sûr que le jeûne pour approcher de Dieu"
a dit saint Léon le Grand. Lisez ce livre, il vous ouvrira
des horizons nouveaux. Comme me l'écrivait un jeune médecin*
qui vient de passer sa thèse "A propos d'un jeûne
volontaire de quarante deux jours", un jeûne de quelques
jours peut nous aider à prendre conscience de nos capacités
et de nos ressources. Il correspond à une démarche
responsable, en même temps qu'un acte d'humilité. En
tant qu'expérience personnelle, vécue librement, le
jeûne peut nous aider à éclairer notre rapport
à la nourriture souvent "pathologique". Au delà
du jeûne, Hippocrate avait raison: "L'alimentation peut
devenir notre seul médicaments". C'est la base de la
médecine préventice, celle vers laquelle nous devons
de plus en plus nous tourner.
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