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Henri Joyeux : " Notre force
silencieuse va faire du bruit "
Article paru dans Le Républicain Lorrain : samedi 15
mai 2004
Il faut que la politique familiale
soit prioritaire pour les pouvoirs publics insiste Henri Joyeux.
Le passionné président de Familles de France, qui
tient son 25 congrès national ce week-end aux Arènes
à Metz, est résolu à faire, de cette tribune
entre Seille et Moselle, le point de départ d'une prise de
parole, qui va faire du bruit.
Le Républicain Lorrain
- Selon vous, la famille est-elle toujours le pilier de la société
?
Henri Joyeux
- C'est beaucoup plus.
Elle est la dynamique de la société française.
Quinze millions de familles, imaginez ce que cela représente
comme masse économique.
Mais plus fondamentalement encore, il m'apparaît que nous
sortons d'une philosophie individualiste pour nous recentrer sur
le groupe de base que représente la cellule familiale.
R.L. - Dans un contexte de
familles éclatées et d'évolution des murs,
cet idéal que vous défendez n'est-il pas en péril
?
H.J. - Vous voyez bien que
quand les familles sont confrontées aux aléas de la
vie, elles ne tardent pas à se recomposer. C'est la preuve
d'une vitalité indiscutable et que tout le monde a besoin.
R.L. - A Metz ce week-end,
vous avez prévu de lancer votre projet associatif. Pourquoi
une telle remise à jour ?
H.J. - Nous allons définir
le cadre de notre action pour les dix ans à venir.
Nous avons beaucoup à dire aux pouvoirs publics. Or, pour
l'instant, nous ne sommes pas écoutés. La famille
est une réalité transversale à toute la société,
qui a des besoins propres. Intergénérationnelle, elle
doit pouvoir exercer sa fonction de solidarité, mais pour
cela, encore faut-il que les conditions en soient réunies.
R.L. - Quelle est la stratégie
de ce projet 2006 ?
H.J. - Nous portons un projet
associatif moderne, qui est le fruit d'une grande expérience
de terrain. Nous allons donc aller à la rencontre des familles
pour leur dire qu'à cent familles, on fait bouger une commune,
qu'à mille c'est une ville qui avance et qu'à 10 000,
c'est toute une région qui peut aller de l'avant.
C'est une véritable mobilisation que nous entendons susciter
pour entreprendre une révolution en douceur. Vous allez voir,
ce siècle sera original et les familles sont résolues
à s'associer afin de peser davantage sur le débat
de société.
R.L. - Ce qui signifie que
vous n'êtes pas écoutés ?
H.J. - Nous allons demander
l'accès direct aux télévisions et aux médias,
car pour l'instant nous n'avons pas voix au chapitre. Or nous voulons
être davantage écoutés et entendus. Notre force
silencieuse va désormais être présente et cela
va faire du bruit. Aujourd'hui, la politique familiale n'est pas
suffisante et il dépend souvent de la personnalité
du maître que les conditions soient réunies pour que
la famille puisse vivre dans l'harmonie et la satisfaction de ses
besoins.
R.L. - Metz semble plutôt
bien placée sur ce terrain, en particulier en ce qui concerne
sa politique en faveur de la petite enfance. Quelles est votre analyse
?
H.J. - Sûrement. C'est
pour cela que nous serons bien à Metz pour tenir notre congrès.
Je crois qu'à Metz le rôle de Jean-Marie Pelt, précurseur
en matière d'écologie urbaine, et le travail accompli
par Jean-Marie Rausch à travers les contrats petite enfance,
ont largement contribué à façonner ce paysage
favorable aux familles. Vous savez les familles ont besoin d'espaces
verts pour s'épanouir, comme il leur faut des services. Ce
n'est pas un hasard si la dernière conférence de la
famille a été consacrée à la petite
enfance.
Recueilli par Gilbert MAYER
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