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FAMILLES DE FRANCE PROPOSE au Journal
LE MONDE
Mariage homosexuel et Homoparentalité
Un vrai débat est nécessaire
Depuis la reconnaissance officielle
du PACS le 15 décembre 1999, pour les personnes de même
sexe souhaitant vivre officiellement ensemble, notre société,
- poussée par un fort lobbying audiovisuel, et par quelques
juristes, sociologues et psychologues acquis à la cause -
est stimulée régulièrement pour évoluer
vers le "mariage des homosexuels" et l'adoption d'enfants,
sous le terme d'"Homoparentalité". La pression
a augmenté depuis qu'un député vert a célébré
le 5 juin dans sa mairie, en se mettant hors la loi, un mariage
homosexuel. La préférence sexuelle devient alors un
argument politique électoral, "Pour ou contre la famille
homosexuelle ?" "pour ou contre l'adoption d'enfant par
des couples de même sexe ?" Relayant et amplifiant la
question, des journalistes somment ceux qu'ils interrogent, de répondre
à de telles questions par oui ou non, pour ou contre. Cest
refuser un vrai débat, s'enfermer dans la dialectique binaire
qui stigmatise immédiatement ceux qui seraient contre, en
"homophobes", ceux qui seraient pour, en "homophiles"
ou progressistes. Et pour éviter un débat serein on
présente largement dans tous les grands média des
photos d'enfants, en général petits, parfaitement
heureux entourés de leurs 2 papas ou de leurs 2 mam. Ne pas
accepter leur homoparentalité serait casser le bonheur de
ces enfants. De même, sont présentés en complément
pour appuyer la démonstration les exemples déplorables
d'hétéroparentalité dysharmonieuse, avec des
parents en guerre. On tend ainsi à faire croire qu'il y a
plus d'amour en homo qu'en hétérosexualité.
Qui compte, dans cette affaire
? Les adultes ou les enfants ?
Reconnaissons d'abord les erreurs
du passé stigmatisant pendant des siècles les
personnes homosensibles, homosensuelles ou homosexuelles. Ces souffrances
innommables ne doivent pas être oubliées et rendent
juste les combats contre l'homophobie, au même titre que ceux
qui existent contre le racisme ou l'antisémitisme. La reconnaissance
officielle des personnes ayant ces tendances, et leur égalité
sociale, sont nécessaires.
Mais on ne peut mettre sur le même
plan les modes de vie, homo et hétérosexuels, quand
il s'agit de la vie des enfants et des repères que la société
doit leur faire passer pour les aider à se construire.
Nous comprenons les souhaits de ces personnes sexuellement identiques
qui ne peuvent pas avoir d'enfants comme les autres couples, puisque
leur mode de vie exclut la procréation classique entre un
homme et une femme. Leurs souhaits actuels démontrent de
grandes aspirations affectives pour avoir des enfants. L'impossibilité
biologique peut évidemment être contournée par
l'insémination artificielle ou l'adoption, ce que la loi
actuelle ne permet pas. Si toute loi doit être respectée,
elle peut être élargie, changée selon les majorités
des députés qui composent la représentation
nationale.
Que dit la loi ? Fait "famille",
d'abord le mariage de deux personnes de sexe différent :
le Code civil (art. 75) précise "le maire reçoit
de chaque partie l'une après l'autre, la déclaration
qu'elles veulent se prendre pour mari et femme" et l'article
12 de la Convention européenne des droits de l'Homme "à
partir de l'âge nubile l'homme et la femme ont le droit de
se marier et de fonder une famille". Font famille également
la filiation ou l'exercice de l'autorité parentale, qui peuvent
être monoparentales.
Un changement de la loi s'imposerait donc si l'on voulait satisfaire
aux exigences des lobbies, qui ont une grande présence et
un fort soutien médiatique au niveau international. Le Parlement
européen accordait en 1996 à leurs associations 3,3
millions de Francs soit un demi million d'Euros pour "lutter
contre les discriminations au travail fondées sur les tendances
sexuelles" et les 2 dernières subventions de Mr Aillagon,
ancien ministre de la culture étaient de 30 000 Euros chacune
pour SOS-Homophobie et Ensemble contre le Sida.
Face à ces perspectives, le gouvernement se dit "prêt
à améliorer le Pacs" après bilan auprès
des greffes des tribunaux où sont déclarés
les 100 000 Pacs dont les 30 811 de l'année 2003, tandis
que le Garde des Sceaux affirme et démontre clairement que
"le mariage entre homosexuels est contraire à la
loi". Resterait donc à changer la loi.Et l'assemblée
nationale de notre pays n'y parvient pas certains espèrent
gagner en passant par Bruxelles.
Restons cohérents
Il est curieux de voir l'importance que l'on donne au "mariage
homosexuel" quand depuis des décennies, nombreux sont
celles et ceux de ses partisans, qui le refusent dans le cadre de
l'hétérosexualité, le considérant comme
une aliénation. Tellement qu'aujourd'hui de plus en plus
de jeunes choisissent la cohabitation et l'union libre arguant pour
preuve que le mariage conduit au divorce dans la moitié des
cas en moyenne et dans 2 cas sur 3 dans la région parisienne.
Etrange et artificiel aussi est l'argument de "la discrimination"
qui consiste à qualifier d'homophobe toute personne qui refuse
de confondre homosexualité et hétérosexualité
ou qui refuse ce qu'on fait dire à Freud dans un tout autre
contexte : l'avenir de l'Homme passe par la bisexualité.
D'autant plus que l'on sait maintenant, de manière scientifique,
que ni l'une ni l'autre tendance n'ont de rapport avec la génétique,
mais sont liées aux référents parentaux d'abord
de la petite enfance, puis aux autres référents que
les circonstances de la vie impriment selon les déficits
affectifs et les besoins de chacun.
Il est tout aussi étonnant
que ceux qui poussent au mariage homosexuel et à l'homoparentalité
utilisent les exemples américains et hollandais en nous présentant
des enfants de parents gays qui préalablement sont nés
et ont grandi dans des familles classiques hétérosexuelles
et même des enfants auxquels on fait dire qu'ils sont super-heureux
avec deux papas et 2 mamans.
Le débat
Il reste nécessaire pour y voir clair de verser au débat
les arguments qui pèsent. Avant de décider quoi que
ce soit sur ces 2 sujets, - dissociables intellectuellement bien
qu'ils soient liés - il nous faut analyser ce que serait
le mariage des homosexuels et l'homoparentalité dans leur
réalité quotidienne, dans leurs conséquences
pour les personnes et pour la société toute entière.
Les arguments de ceux qui sont
"pour"paraissent imparables : cest la modernité
(si vous êtes contre vous êtes en retard et refusez
le progrès) ; les enfants qui ont des parents homosexuels
vont très bien (preuve quil ny a aucun danger)
; il y a tellement denfants abandonnés que vous ne
pouvez plus leur refuser 2 papas qui saccorderont avec 2 mamans,
lesquelles sil le faut vivront sous le même toit (les
hommes dun coté et les femmes de lautre). Bref
vous avez limpression quaprès tout mariage et
adoption par les gays, ne seraient pas si mal. Ces arguments n'ont
pas de valeur scientifique. Ils utilisent l'enfant pour satisfaire
le "besoin d'enfant" transformé en "droit
à l'enfant".
L'argument des familles "hétérosexuelles"
qui maltraitent les enfants ne tient pas plus pour justifier l'adoption
homoparentale sous le prétexte que deux pères ou deux
mères seraient plus en harmonie. Ce que les enfants attendent
des adultes ce sont des repères clairs.
Versons dans le débat d'autres
arguments.
1/ le mariage civil, reconnu par
la société, est l'union de 2 personnes différentes
et complémentaires physiquement, psychiquement, affectivement.
Il a pour but dabord le bonheur de chacun et des deux ensemble
en vue d'avoir et rendre heureux des enfants issus de leur union,
affective, psychique et physique. Le repère du mariage, reconnu
par la société comme une sécurité pour
chacun des membres du couple et pour les enfants qui en résulteront,
a fait ses preuves au fil des siècles. Il constitue pour
les enfants l'idéal que tous les parents souhaitent transmettre.
Et même quand la famille a été fragilisée,
elle se recompose souvent par le mariage.
2/ lenfant tout petit et
adopté qui commence sa vie avec le "handicap" de
la perte ou de l'abandon de ses parents génétiques,
doit être confié à deux personnes qui remplacent
le plus complètement ses parents : un homme et une femme.
Même l'adoption monoparentale peut fragiliser un enfant. La
loi d'ailleurs devrait imposer un référent de sexe
opposé en accord avec l'adoptant et avec un médiateur
familial qualifié. C'est l'intérêt de l'enfant
dont la société doit se préoccuper en priorité.
L'enfant adopté a besoin plus que tout autre du regard sécurisant,
valorisant et bienveillant de sa famille et des environnements sociaux.
3/ lenfant, pour construire
son identité, sa personnalité et ses attirances affectives
et sexuelles, a besoin des 2 référents parentaux de
sexe différent. S'il manque un référent,
l'enfant va naturellement le chercher ailleurs et sa forte sensibilité
à une période fragile de sa vie risque de le pousser
vers des adultes en recherche d'équilibre. C'est ce que démontre
la psychologie des adolescents et d'adultes affamés d'affection.
Anticipons maintenant quelques conséquences possibles d'une
acceptation du mariage homosexuel et de l'adoption par un couple
homosexuel. Pour les adultes, la tendance à la diminution
des mariages hétérosexuels se poursuivra. Le mariage
étant davantage revendiqué du côté de
l'homosexualité, les hétérosexuels ne verront
plus d'intérêt à se marier, à moins que
des avantages substantiels, économiques soient donnés
aux gens mariés dans le but de revaloriser le mariage.
Une institution aussi essentielle
pour la société civile que le mariage n'aurait ainsi
plus d'autres raisons d'être sociales à terme, que
l'octroi de subventions ! Nous y croyons d'autant moins que dans
notre société la politique sociale domine encore largement
sur la politique familiale.
Il y a fort à parier que le mariage disparaîtra tout
simplement car la majorité des couples homosexuels après
les hétéro, évoluera de la même façon
et encore plus vite. La société considérera
alors que le mariage n'est en rien nécessaire pour vivre
ensemble, adopter des enfants. C'est la fin du mariage que nous
programmons à terme. Désir conscient ou inconscient
de beaucoup de ceux qui veulent le mariage homosexuel ?
Professeur Henri Joyeux
Président de Familles de France
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