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L'interview donnée par Henri
Joyeux à l'hebdomadaire "Paru Demain" qui verra
le jour au mois de septembre 2004
1/Dans le domaine de la famille,
quels sont les sujets qui selon vous ne sont jamais ou insuffisamment
traités dans la presse ?
Ceux qui sont mal traités : pas avec le bon angle, pas en
soulevant les vrais problèmes ? Cela peut par exemple concerner
léducation, les modes de gardes
Le concept de famille
est indestructible puisque les familles qui se décomposent
(je naime pas le terme) font souvent tout pour se recomposer
dune manière ou dune autre. Les familles, la
famille, sont fragiles et linstabilité de la société
se répercute sur elles. La politique sociale, toujours réalisée
sur le court terme a freiné la politique familiale. On a
privilégié lindividu sur le groupe familial,
ce qui est une erreur politique grave et que nous payons cher, avec
la délinquance sous toutes ses formes. Cest la famille
qui apprend lhonnêteté, la fidélité,
la citoyenneté. En ne mettant pas les familles en priorité
on a favorisé lindividualisme et toutes ses conséquences
perverses. La meilleure politique sociale, sur le long terme, cest
la politique familiale.
L'importance d'une politique familiale, au niveau national comme
au niveau départemental ou régional, se mesure d'abord
par l'évaluation précise de ce qu'apportent les familles
à la société dans le domaine économique
(consommation des ménages), mais aussi dans le domaine social
(la famille est le premier espace social ou s'apprend la tolérance,
le respect de l'autre; c'est aussi un excellent cadre de prévention
de la délinquance).
Les difficultés des familles sont insuffisamment soulignées
par les médias : modes de garde introuvables, familles invisibles
dans les média, sauf les marginales ou celles qui posent
problèmes (lesquels sont souvent aggravés et non résolus).
Les médias ridiculisent les familles qui bossent et font
rêver les familles qui gagnent sans rien faire. La télé
et la radio ont de gros progrès à faire.
2/En tant que spécialiste
de la famille, quaimeriez-vous voir dans la presse et qui
manque actuellement ? Ya-t-il des initiatives intéressantes
mais inconnues ?
Bien entendu, les syndicats et les
partis politiques ont des droits dantenne ce qui nest
pas le cas pour les mouvements familiaux mises à part les
associations de consommateurs.Les familles veulent être présentes
dans les média.
Nous demandons peu, pas plus dune minute par jour entre 20h30
et 21h15.
Nous voulons communiquer sur toutes les chaînes publiques
radio et télé et privées, car nous voulons
passer de vrais messages de « prévention santé
famille» sur tous les thèmes de la santé familiale,
celle du corps, de lesprit, de la relation et aussi sur la
« santé économique » des familles. En
une seule minute par jour cest possible. Une proposition de
loi a été déposée à lAssemblée
nationale, pour que nous ayons enfin un droit de parole. Nous sommes
soutenus par les députés tant de gauche que de droite.
Lavenir d'un pays quel qu'il soit passe ses familles.
Nous avons une équipe qui travaille
sur le coût de l'adolescent à partir de 15 ans et qui
vient de démontrer que c'est le passage d'un ou plusieurs
enfants à l'âge de l'adolescence qui peut faire basculer
une famille dans la précarité.
Nous sommes très inquiets de voir le nombre de familles qui
passent brutalement "en état de pauvreté"
et la santé de plusieurs membres de la famille peut alors
être en danger. Les familles pauvres ont plus de risques d'avoir
de enfants obèses que celles qui ont des moyens suffisants....Nos
études sont faites mais personne nen parle. Nos communiqués
de presse sont très peu repris.
3/Il peut sagir de sujets
communs à toute la France et donc applicables à la
capitale ou de questions propres à Paris et à ses
environs.
Sur Paris le souci principal est laccueil
des jeunes enfants, mais il y a aussi dans toute la France le coût
des ado qui à partir de 15 ans représente 20 à
25 % de plus quun jeune de 10 ans. Ce coût fait trop
souvent basculer des familles dans la précarité. Il
y a aussi les familles monoparentales, surtout des mère seules
avec leurs enfants, qui souffrent et devraient être aidées
pour léducation et la construction de leurs jeunes
Nous avons des solutions en préparation.
4/ Et pourquoi ces problèmes
ne sont-ils pas davantage traités selon vous ? Est-ce parce
quils sont méconnus ?
Les familles ne se manifestent pas
assez. Observez les forces de pression des syndicats, des corporations
comme les taxis, la Sncf ou la RATP.
En bloquant la circulation, les vacances ou lélectricité
ils obtiennent satisfaction. Les familles sont capables de manifester
aussi, mais nous ne chercherons jamais à bloquer des trains
ou des routes. Des mobilisations sont en préparation.
5/ Les thèmes soulevés
par vos soins pourront ainsi faire lobjet darticles
ensuite dans nos futures pages.
Avec plaisir. Le premier que nous
voudrions évoquer est celui de ladoption et de la «
parentalité ». Nous avons beaucoup travaillé
ce sujet à la fois sur le terrain et au niveau national et
nous considérons que les familles ont leur mot à dire.
MERCI de nous ouvrir vos pages et nos vux les plus chaleureux
pour votre hebdomadaire.
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