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PLUS ON FERA DU FAMILIAL, MOINS
ON AURA BESOIN DE FAIRE DU SOCIAL
5 propositions de réforme avant la fin du quinquennat
Les 15 millions de familles résidant
légalement dans les 100 départements de Métropole
et Outre mer sont le moteur de la vie économique et sociale
: consommations en tout genre assorties de TVA, éducation
des enfants, logements plus grands selon la taille de la famille
Elles représentent un investissement vital pour le développement
de notre société. Au siècle dernier, les politiques
ont tous privilégié lindividu
(élection oblige : un Homme = une voix), négligeant
le groupe familial dont il est issu. Auguste Comte disait déjà
que cet individualisme est bien
« la maladie du monde occidental ». Notons que cet excès
nest pas encore présent dans les familles originaires
dorient.
La « philosophie individualiste
appliquée » est une des causes des souffrances observées
dans les familles. Certaines en ont fortement pâti, parents
comme enfants, mais ont su se recomposer pour retrouver un équilibre
et la joie de vivre. La famille apparaît indestructible. Elle
est à la base de la stabilité sociale, première
actrice de la prévention des délinquances en tout
genre qui ruinent le tissu social.
Après la fin des différentes formes de patriarcat
ou matriarcat,
la parité homme/femme, père/mère - vue comme
une réelle égalité de complémentarités
dans les familles et dégalité de responsabilités
et de salaires dans la société -, est loccasion
de proposer des perspectives nouvelles et utiles à tous.
Les droits de lindividu restent
certes premiers, mais ne peuvent sopposer aux droits du groupe
familial. La famille est la source et peut être rampe de lancement
de ladolescent-futur-adulte à la recherche dabord
de son autonomie pour construire ensuite du lien social et du lien
familial.
Notre pays affiche une politique familiale qui représente
3% de la richesse nationale, alors que ce chiffre atteint 3,5 %
dans les pays dEurope du Nord (Danemark, Suède, Finlande)
et le Luxembourg.
La politique familiale n'est pas une
priorité gouvernementale bien que 50 % des familles souhaitent
sagrandir. La situation économique est inquiétante
et ne favorise pas ou très peu les familles. Les ministères
pallient au plus pressé, orientant leurs programmes selon
les tendances des sondages des individus, alors quon devrait
sonder les familles. Elections obligent encore.
La nouvelle stabilité gouvernementale quinquennale devrait
permettre dévoluer vers de vraies réformes et
en particulier de passer des grandes conquêtes sociales aux
conquêtes familiales. Les familles ne sont pas plus «
de droite que de gauche ». Heureusement nous sommes sortis
de la mauvaise trilogie qui associait au mot famille, le travail
et la patrie. Le retour de lordre moral
(avec les 3 k allemands : kinder, les enfants ; kirche, léglise
et küche, la cuisine) nest quune chimère
tant nous sommes inconsciemment entrés dans un ordre inverse
ou dominent les 3 C, du cannabis, du cash et du c.l qui, seul avantage,
a permis de faire tomber un certain nombre de tabous. Nous ne voulons
ni des 3 K ni des 3 C.
Léquilibre de notre société
est fragile, les familles peuvent jouer un rôle de stabilité
en prenant conscience que leur rôle est prépondérant,
si elles sont unies autour dun projet fort. Elles seront alors
écoutées, reconnues et soutenues.
Cinq propositions devraient être mises en place avec
le concours dun grand ministère de la famille :
1. intégrer dans lunité
dimposition quest le ménage et dans
le quotient familial, une part fiscale complète pour tout
enfant de 15 ans (il représente un coût identique
à celui d'un adulte et au moins 20 % de plus quun enfant
de 10 ans) ;
2. supprimer la discrimination
qui empêche les familles dun enfant de recevoir les
AF (allocations familiales) (sur ce sujet nous sommes le dernier
de la classe en Europe) ;
3. revaloriser fortement les AF
et ce jusquà 22 ans (comme le prévoyait la loi
de 1994) puisque toutes les statistiques situent la première
autonomie financière à 23 ans ;
4. reconnaître enfin
un statut parental au parent qui décide de se consacrer
à ses enfants et qui accepte une formation à la parentalité
qui ouvrirait le droit au salaire dassistant maternel (ou
paternel) ou dassistant familial. Il ou elle y a droit en
soccupant des enfants des autres ! Ce statut donnerait aussi
droit à lissue de leur investissement familial à
une autre formation professionnelle pour leur permettre daccéder
à un emploi.
5. ouvrir les médias
aux familles par une minute quotidienne audiovisuelle sur les
chaînes publiques et privées sur les thèmes
« prévention-santé-famille ».
Le ministre délégué à la famille dici
la fin du quinquennat peut faire aboutir ces justes mesures qui
restaureront la confiance des familles afin qu'elles naient
plus peur de sagrandir.
Professeur Henri Joyeux
Président de Familles de France
Mars 2004
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