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Famille et Société

DOSSIER ASSURANCE MALADIE

Texte préparé par le Pr Henri Joyeux.
Président de Familles de France (Avril 2004)
Le dossier Assurance Maladie (AM) est complexe et passionnel.
Les familles ont leur mot à dire car elles sont les plus importants bénéficiaires-consommateurs.
De plus réunissant plusieurs générations, elles sont obligées de mener une large réflexion intergénérationnelle qui leur fait prendre en compte l’état présent et les perspectives à moyen et long terme.
Ce dossier concerne au moins 3 sujets essentiels.
1. La dette : inquiétante et croissante
(recettes non extensibles –remboursements à revoir).
2. L’absence de Gouvernance claire : un paritarisme boiteux.
3. La place des acteurs de santé et des familles en tant que bénéficiaires-consommateurs.

Etats des lieux

Depuis 1976, 16 plans de sauvetage de la Sécurité sociale ont été mis en place, soit un tous les 18 mois.
Malgré le plan Juppé de 1995, dont les familles ont perçu (mise sous conditions de ressources des allocations familiales + réévaluation insuffisante de la BMAF) et vécu (les grèves qui ont paralysé le pays peu avant la “trêve des confiseurs”) les conséquences dramatiques, les dépenses de santé continuant de progresser de 6 à 7% année par année.
L’Objectif National des Dépenses d’Assurance-Maladie (ONDAM) fixé par le parlement est dépassé de 1,3 point soit plus d’un milliard d’€ pour l’année 2003 !
Le “constat partagé” du Haut Conseil de l’AM est très utile pour faciliter une prise de conscience définitive de la gravité de la situation tant pour les responsables de l’Etat, les partenaires sociaux, les Mutuelles gestionnaires des assurances complémentaires et le grand public dans lequel les familles (16 millions) sont fortement présentes.
L’urgence de la réforme n’échappe pas aux familles, puisque selon le président du Haut Conseil pour l’avenir de l’AM, Bertrand Fragonard :« le déficit de la maladie se creuse de 20 000 € par minute ».
Le déficit atteint 11 milliards d’€ en 2003, pour 2004 il pourrait atteindre les 15 milliards d’€ (déficit cumulé de la CNAMTS 28 milliards d’euro) et passerait à 39 en 2010 et 100 milliards par an en 2020, si rien n’est fait.
Le budget de la santé dévore les autres budgets d’Etat ( Recherche, Education…) Il n’est de fait pas extensible.
L’objectif numéro 1 est donc la maîtrise des dépenses, en sachant celles-ci ne doivent être payées par les générations à venir. A nous, aujourd’hui d’assumer ces dérives !
Pour cela, l’Etat en accord avec la représentation nationale doit être responsable des choix de santé publique et faire qu’ils ne puissent être débordés. Tous les partenaires sociaux (payeurs majoritaires par leurs cotisations tant patronales que salariales) doivent être impliqués clairement (rigueur et transparence) dans la gestion de l’AM, avec les assurances complémentaires (elles assurent 13 % des dépenses de santé - la Mutualité française avec 38 millions de personnes protégées représente 95 % des mutuelles du secteur – 7% des français n’ont pas de complémentaire hors CMU). Les professionnels de la santé et les consommateurs (familles et associations de malades) enfin qui sont à la fois acteurs et bénéficiaires (payeurs aussi par l’intermédiaire de la CSG) doivent être responsabilisés pour éviter abus et gaspillages pour leur santé et participer directement à la prévention des dérapages. Au-delà des “pénalisations sanctions”, la récompense aux bons réflexes peut rendre les assurés plus responsables.

L’objectif numéro 2 est un meilleur état sanitaire du pays, qui ne se traduira à terme par « moins de maladies ou des malades mieux soignés », en contre partie plus de santé publique pour tous. Soulignons avec le diagnostic du Haut Conseil que 5 % des assurés engagent environ 60 % des remboursements.
Ces gros consommateurs ne se limitent pas aux seuls assurés en Affection de Longue Durée (ALD) qui ne représentent qu'environ un quart de ces 5 %.
Ainsi, la grande majorité des assurés exposent 40% des dépenses.
L’objectif numéro 3 est de maintenir l’attractivité de notre système de santé :
la France a reçu en 2001, 435 000 patients étrangers quand l’Angleterre n’en reçoit que 871 en soins programmés ; de 1996 à 1999 seulement 1240 français ont demandé à la SS d’aller se faire soigner à l’étranger…
Les étrangers non résidant doivent pouvoir venir se faire soigner dans les équipes internationales, privées ou publiques en s’assurant de leur solvabilité personnelle. L’institution santé en France peut être considérée comme rentable pour les soins aux étrangers et même si cette manne restera infime, elle ne doit pas être négligée, tant du point de vue de l’image internationale de la France qui ne peut que valoriser notre système de santé, que des retombées psychologiques positives sur le personnel médical et paramédical.
(Il devrait en être de même pour la formation des étudiants étrangers dans nos universités, car nul doute que nos coûts seraient inférieurs à ceux des USA et leur formation aurait le même niveau d’excellence et serait au terme de leur études économiquement rentables par l’achat de matériel et de biens consommation français.)

La volonté de réformer

Les objectifs de la réforme sont louables et tous s’accordent pour le maintien de l’AM, mais en changeant son fonctionnement, en adaptant le système de Santé à la modernité et aux moyens disponibles, en prenant garde de maintenir à la fois le haut niveau de la médecine et les atouts que constituent les complémentarités médecine hospitalière et médecine libérale.
Les économies d’abord :
« Des marges très significatives d’économie sont possibles » d’après Bertrand Fragonard, président du Haut conseil pour l’avenir de l’AM. Avec une réforme réelle, l’équilibre devrait être atteint vers 2007, tel est l’objectif fixé par le gouvernement en 2004.
Le rôle de l’Etat, est garant et responsable de la Santé publique avec ses 5 priorités (2005-2009) :
- lutte contre le cancer
- santé environnementale incluant la santé au travail
- violence et comportements à risques
- maladies rares
- qualité de vie des personnes atteintes d’affection chroniques.
La mise en place d’un « tableau de bord » des évolutions de la situation sanitaire dans chaque Région et département est indispensable.
“Familles de France” préconise que tous les 5 ans, le gouvernement soumette au parlement une loi fixant de nouvelles priorités nationales après avis de la Conférence nationale de santé, du Haut Comité de la santé publique, et du Comité national de santé publique, ces 3 structures devant être unifiées pour plus d’efficacité.
Ce dossier doit être traité avec mesure et fermeté en mettant en action et en responsabilisant tous les acteurs de santé concernés, ainsi que les "consommateurs" de santé dont les familles font partie.

Les familles veulent être partenaires

“Familles de France” est conscient des abus et gaspillages que les structures actuelles entraînent et souhaite s’investir dans leur prévention (2,3% des dépenses de santé soit 3,6 milliards d’€ sur les 150 des dépenses totales de santé).
Les familles sont conscientes du coût de la santé publique et peuvent participer activement aux réformes indispensables, y compris en étant responsabilisées dans la gestion, par l’intermédiaire de leurs représentants nationaux (UNAF).
Les partenaires sociaux représentent actuellement ceux qui financent et gèrent. Avec ceux qui en bénéficient, dûment informés et responsabilisés, ensemble ils doivent mettre en place une nouvelle gouvernance.
Les familles souhaitent s'investir, en plus de leur participation aux économies nécessaires dans les circonstances actuelles en agissant pour une meilleure Santé publique (individuelle, familiale et collective).

Les principes à ne pas toucher et les 15 propositions pour l’avenir de l’AM

1. “Familles de France” reste attaché à l’Universalité et à la Solidarité de la Sécurité sociale de 1945, donc au Régime obligatoire d'Assurance Maladie universel pour les familles. Elles ne peuvent épargner pour le risque maladie. La garantie d’une couverture indépendante des conditions d’âge ou d’état de santé doit être maintenue. La couverture sociale concerne la famille (selon le Code de l’Action Sociale et des Familles) et prend en charge les membres directs qui la composent.

2. “Familles de France” souhaite le maintien de la CMU (Loi de juillet 1999) avec des critères précis et contrôlés régulièrement.

- 4,65 millions de bénéficiaires de la CMU-C (complémentaire) accessible aux titulaires du RMI et aux personnes dont les revenus sont inférieurs à 566,50 € par mois pour une personne seule. Un tiers des bénéficiaires sortent de la CMU-C.
Le dispositif de sortie d’un an à tarif préférentiel doit être simplifié car seulement 8% ont signé un « contrat de sortie »
- Même si elle est mineure la fraude à la CMU doit être prévenue, ce qui permettrait de l’attribuer à des catégories sociales situées aux abords du seuil qui lui donne droit.
- Son financement provient dans une proportion significative des ressources publiques (impôts et taxes affectées, prise en charge de cotisations par l’Etat).

3. Familles de France reste d'accord pour le Régime général de base et le Régime complémentaire qui prend en charge les soins non remboursés par le Régime général.

- Il reste qu'il faut revoir sérieusement la liste des soins remboursés par ces régimes, car certains soins peuvent changer de régime : exemple : soins auditifs, dentaires ou d'optique. La liste des maladies prises en charge par tel ou tel Régime est à revoir complètement et serait actualisée tous les 3 ans.
Le grand public serait informé de ces choix. La révision de la nomenclature des actes techniques est prévue pour juillet 2004 et celle des actes cliniques pour janvier 2005.
- Le ticket modérateur est pris en charge par les organismes complémentaires et ne joue plus le rôle de frein des dépenses comme cela était prévu au départ. 12 % des assurés bénéficient de l'exonération du ticket modérateur et du forfait journalier au titre du régime des ALD.
- Seuls seraient remboursés les soins ou les produits qui ont fait leurs preuves (sécurité, utilité, efficacité et efficience), selon les conférences de consensus et validées sous forme de Recommandations pour la Pratique Clinique = RPC (anciennement RMO : Recommandations Médicales Opposables). A noter que les recommandations de pratique clinique, ne concernent qu’entre 40 et 50 % des actes médicaux figurant à la nomenclature.

4. Familles de France est d'accord pour la mise en place libre du "Médecin de famille référent".

- Le médecin référent serait choisi par la famille pour une période révocable de 2 années, tacitement reconductibles (9 adultes sur 10 déclarent avoir un médecin généraliste habituel, c’est le “médecin de famille”).
Les soins ou examens pratiqués sans son accord seraient à la charge du malade.
- Le médecin référent aurait l'obligation de suivre un temps annuel de formation médicale continue (FMC en cours de réorganisation avec ses 3 Conseils : médecins libéraux, médecins hospitaliers, médecins salariés non hospitaliers), validée par un organisme officiel de formation, en lien avec l'assurance maladie. L’organisation de cette FMC serait à la charge des médecins hospitalo-universitaires, les laboratoires pharmaceutiques ne pouvant intervenir directement ou indirectement que pour 50 % des frais. (Le Fonds d’Assurance Formation de la Profession Médicale, “FAF-PM”, ne peut poursuivre sa mission étant donné son redressement fiscal récent -2,5 millions d’€- et les mêmes dus à la Cnam, car il utilisait moins de 50 % de sa trésorerie à la formation médicale continue…)
- Pour les malades sans médecin référent, la multiplication des mêmes examens complémentaires ne serait pas prise en charge par la CPAM. Sauf exception après prescription justifiée par un médecin de la spécialité concernée par la maladie ou en accord avec les médecins conseil de la CPAM.
- L’indication sur l’ordonnance du caractère non remboursable des actes et prestations prescrits (article 40 de la Loi de Financement de la SS de 2004) quand cette prescription est faite en dehors des indications thérapeutiques ou diagnostiques est un premier pas.
- De même quand le médecin réalise des actes non remboursables, il ne doit pas remplir de feuilles de soins.

5. Familles de France souhaite le maintien des Agences Régionales de Santé, définissant les besoins Santé Régionaux.

- Un plateau technique départemental associant médecins publics et privés en proportion de leur nombre, serait regroupé pour toutes les urgences.
- Un seul CHU par Région fonctionnerait en collaboration étroite avec le secteur privé existant ou à créer par mesure d’économie, sans doublon coûteux. Une prise en charge inter-régionale serait mise en place pour les soins les plus chers, tels transplantations, techniques de pointe en cours d’accréditation ou référencement, en tenant compte de la prise en charge les frais de déplacement.
- La permanence des soins (PDS) sera organisée en concertation avec les représentants des médecins, sachant que pour les tranches horaires de milieu de nuit, il y a très peu de demandes de PDS, moins de 2 actes pour 100 000 habitants. Pour la rémunération, les syndicats demandent 3 C soit 60 € de l’heure et 80 € quand il y a déplacements au domicile du patient pour les tranches horaires de 0 à 6 heures.
- Les accréditations sont basées sur la qualité technique et l’organisation des soins. Elles sont imposées aux médecins qui en aucun cas ne s’y opposent. Elles ne peuvent être qu’utiles à la qualité des soins. Le contrôle des médecins peut se faire par l’évaluation de leur pratique clinique : suivi des RCP pour les actes et prescriptions, les résultats obtenus pour une pathologie donnée, la satisfaction des patients…
- Les groupements de coopération sanitaire (article 36 de la Loi de SS de 2004), associent des établissements publics de santé, des établissements de santé privés et des professionnels médicaux libéraux pour faciliter, améliorer ou développer l’activité de leurs membres en adaptant les rémunérations (forfaitaires pour les médecins libéraux et dérogatoires à leur statuts pour les autres).

6. Familles de France souhaite que soient régularisés prescriptions et remboursements des médicaments et des soins et que le patient puisse savoir précisément les coûts que sa santé impose à lui-même et à la société.

- Il faudra éviter toute stigmatisation des populations qui engendrent les plus grands coûts. L’information économique aux patients et possible et doit être considérée comme utile pour tous depuis la loi du 4 mars 2002.
- La majeure partie des dépenses de santé se situe aux âges extrêmes de la vie. Le faire savoir ne stigmatise pas ces populations, mais doit orienter vers des économies qui pourront être acquises par de fortes actions préventives. Il en est de même pour les maladies infectieuses chroniques, résultats trop souvent de comportements irresponsables (par exemple le mauvais ou non usage des préservatifs).
- Les soins ou examens pratiqués sans l’accord du médecin de famille et/ou référent pourrait être à la charge du patient, sauf avis contraire du médecin spécialiste ou du médecin contrôleur de la CPAM.

Les prescriptions de médicaments et leur remboursement

- Les prescriptions doivent être conduites selon les avis de la communauté scientifique en particulier des conférences de consensus en suivant les Recommandations pour la Pratique Clinique = RPC (2/3 des prescriptions d’anticholestérol inutiles selon une étude récente de la CNAM !)
- Sur une prescription moyenne d’un médecin généraliste de 300 000 € par an, une réduction de 10 % c’est 30 000 € d’économie. Cette économie peut être stimulée par des formations des médecins pour confronter leurs pratiques, devenir critiques par rapport à leurs propres prescriptions, être attentifs aux prix des médicaments prescrits. (Expérience de Groupama Partenaires Santé en coopération avec la MSA entre 2000 et 2002)
- L’impact de la baisse du taux de remboursement des 616 médicaments décidés en avril 2003, concernant des spécialités dont le service médical rendu (SMR) avait été jugé faible, a été très net, avec une nette diminution des consommations dès la date d’entrée en vigueur (économie annuelle potentielle : 356 millions d’€ pour l’ensemble des régimes). Reste que des transferts de prescription vers des médicaments plus coûteux n’ont pas été évalués dans l’impact économique.
- La délivrance des médicaments se ferait à la semaine sauf pour quelques maladies particulièrement graves et quand l’effet thérapeutique est observé tardivement et selon les conditionnements des médicaments. L’organisation prochaine des 250 tables rondes réunissant des professionnels de la petite enfance pour réduire les consommations d’antibiotiques à l’origine de bactéries résistantes est utile. Chaque table ronde aura pour impact 6000 à 10 000 enfants. Sur ce programme l’UNAF est associée à la CNAMTS.
- Le remboursement des médicaments doit se faire systématiquement sur la base du prix des génériques lorsqu’ils existent. (70% des personnes interrogées sont convaincues que les génériques sont aussi efficaces que les médicaments princeps.) Les décisions récentes prises dans ce sens sont justes, donc à élargir. (le prix du générique doit impérativement être inférieur ou égal au médicament princeps)
- Les examens biologiques prescrits doivent être justifiés par le médecin en cas de contrôle par le médecin conseil et le malade doit connaître leur coût.
- A la pharmacie, le patient doit payer directement et utiliser la carte Vitale qui permettra son remboursement dans la semaine.

Les soins et leurs remboursements

- Les soins doivent être plus réglementés : (sur 10 millions de nodules thyroïdiens, seulement 3000 seront cancéreux). Des règles précises d’indication chirurgicale existent mais ne sont pas suivies par les prescripteurs. Tous les actes sont remboursés, alors que ne devraient l’être que ceux qui sont réellement nécessaires. (fin du remboursement de plus de 3 échographies pour le suivi d’une grossesse, car les recommandations sont dépassées.)
- Le délai moyen de remboursement est de 4,9 jours pour les soins aux assurés et pourrait être rapproché de celui des 5,7 jours vers les professionnels de santé en moyenne, dans le but de faire prendre conscience (impact psychologique) aux patients du niveau du coût de la santé.

7. Familles de France exige que la "Prévention Santé Publique" devienne un axe majeur pris en compte par l’Assurance Maladie.

N’oublions pas que 2,3% des dépenses de santé soit 3,6 milliards d’€ sur les 150 des dépenses totales de santé sont destinés à la Prévention.
Ces chiffres devraient être au minimum doublés.
- L’éducation à la Santé doit commencer dès l’école primaire avec la notion de “capital santé individuel et familial”, intégrée dans les programmes scolaires en collaboration avec les familles. L’éducation nationale doit faciliter ces formations en les rendant attractives et obligatoires.
- Il s’agira aussi d’apprendre au grand public, en particulier aux familles quels sont les "comportements de santé - alimentation, respiration, éliminations, sommeil, activité physique et psychique, vie relationnelle… -" qui permettent d'éviter des thérapeutiques prolongées en se basant en première analyse sur la liste des 20 médicaments les plus prescrits (liste CNAM 2003).
- L’information du grand public et sa formation à la Prévention passera prioritairement par les chaînes de radio et de télévision.
Les chaînes de télévision publiques ou privées sont un des moyens d'information des plus efficaces. Elles peuvent toucher le plus grand nombre de personnes dans le minimum de temps. De nombreuses émissions ont donné et donnent au grand public une meilleure connaissance scientifique du fonctionnement du corps humain et des nombreuses maladies qui peuvent l'atteindre.
Elles ont eu en particulier pour effet de sensibiliser le grand public au rôle positif qu'il peut jouer comme "sponsor anonyme" de la recherche
(maladies génétiques, sida, cancer…).
Aucune émission n'a pour le moment orienté ses présentations vers la prévention primaire (éviter une maladie) ou secondaire (dépister la maladie tôt dans son évolution). Aujourd'hui, le grand public est très demandeur de ce type d'information.
La récente actualité de la catastrophe sanitaire lors de la canicule a bien montré que l'association de certains médicaments (diurétiques + hypotenseurs) peut avoir des effets négatifs pour la santé. L'immense majorité des personnes âgées consomment plus de 5 à 6 médicaments chaque jour. Une juste information des personnes âgées et de leurs familles est devenue nécessaire.
- Les mutuelles pourraient augmenter leur contribution en travaillant en partenariat avec les familles.
- Au total l’information visera à augmenter la connaissance scientifique des patients pour qu'ils acquièrent des comportements à la fois plus responsables et plus justes pour leur santé.
Les publicités qui passent actuellement sur les chaînes de télévision ( 8 minutes par heure sur les chaînes publiques et 12 minutes sur les chaînes privées) sont essentiellement orientées vers le "marketing" et ont des impacts forts sur la consommation des produits médiatisés. L’absence fréquente d’éthique des publicités stimule les consommations alimentaires à l’origine de troubles de santé.

Proposition de Familles de France - Les Mouvements familiaux pourraient s'unir autour de l'UNAF qui est leur représentant institutionnel, pour proposer la préparation d'un projet de loi visant à donner chaque jour "une minute audiovisuelle” (radio et télévision) aux heures de grande écoute (après ou avant la météo) au ministère de la Santé et de la Famille. Cette minute serait consacrée à la "Prévention Santé Familiale". Une commission spéciale scientifique et éthique du Ministère composée de familiaux et de spécialistes santé, sélectionnerait les thèmes proposés, à charge aux mouvements familiaux de les faire réaliser et valider par la commission ministérielle. Aucune publicité directe ou indirecte ne pourrait participer à ces informations santé.
Pour information, dans cet objectif “Familles de France” a signé une Convention nationale avec la Croix Rouge Française pour les formations des parents aux gestes de première urgence vers les petits enfants et compte l'étendre aux personnes âgées.

8. Familles de France souhaite le maintien des schémas régionaux de Santé publique pour les besoins santé des populations, y compris en participant à des concertations et des mises en commun de plateaux techniques dans les zones frontalières avec nos voisins européens (Espagne, Suisse, Allemagne) pour réduire les coûts sans diminuer les qualités de prise en charge des soins.

- Le numerus clausus pour la formation des futurs médecins et personnels de santé publique doit être intégré aux schémas régionaux de Santé publique. La répartition homogène des médecins sur tout le territoire est un objectif de santé publique. Il est démontré que « trop de médecins augmentent la consommation médicale, tandis que l’insuffisance en nombre de médecins est un des facteurs de dégradation de l’état de santé de la population. »
- La répartition géographique doit être prise en considération, en tenant compte de la carte sanitaire régionale ou mieux départementale.
Le tableau de l’Ordre des Médecins pour l’horizon 2008-2010, démontre que la France manquera de médecins à la fin de la présente décennie. Il souligne les inégalités régionales et cantonales. (source CNOM au 1/1/2003 : densité départementale pour 100 000 habitants qui montre l’opposition Nord/Sud - à l’exception de l’Ile de France - dans la répartition géographique des 105 392 omnipraticiens parmi les 206 466 médecins en activité.
A Paris la concentration médicale atteint 337 généralistes pour 100 000 habitants, tandis que la moyenne nationale varie entre 209 et 239. Les départements qui ont les plus faibles taux sont : La Réunion, Guadeloupe et Martinique avec respectivement 43, 53 et 122 praticiens pour 100 000 habitants et les plus faibles densités en Métropole sont dans l’Ain (129), l’Eure (130), la Meuse (131), la Mayenne (132), l’Aube (135), le Cher et la Sarthe (137), la Saône et Loire et l’Eure-et-Loir (139). Ces disparités sont liées à la liberté de choix du lieu d’installation du médecin.
- Nous sommes favorables aux indemnités d’études données par les collectivités territoriales ( 10 000 € sur 5 ans) pour les médecins généralistes et spécialistes qui s’installeront au moins 5 ans en zones déficitaires (projet de Loi Gaymard, loi rurale qui dans son article 38 veut faciliter l’installation et le maintien des médecins libéraux dans les zones rurales sous médicalisées).

9. Familles de France est conscient de l’importance de l’Assurance des médecins par la Responsabilité Civile Professionnelle (RCP).

- Elle peut être réduite en coût de 30 à 40 %, en remplaçant les charges des compagnies d’assurance qui couvrent la RCP vers l’ONIAM (Office national d’indemnisation des accidents médicaux = budget de 70 millions d’€ avec 48 emplois, un numéro vert 0 800 779 887 destiné à orienter les victimes).
«Car la sinistralité n’est pas aussi élevée qu’on le pensait.» d’après le Bureau Central de Tarification des Assurances (BCT),
« tandis que les provisions faites par les assureurs sont vraiment importantes ».
- Ce que les assureurs ne rembourseront plus, ce sera aux usagers de le payer via l’ONIAM (20 millions des foyers français seraient taxés d’environ 3 à 4 € ce qui viendrait renflouer l’Oniam) avec l’accord du Lien (l’association de Lutte, d’Information et d’Etudes des infections Nosocomiales) pour faire supporter le coût de la RCP par la solidarité nationale.
- La loi Kouchner du 4 mars 2002 qui protège le malade à juste titre, doit être étendue pour protéger l’acteur de santé quand il est injustement accusé.

10. Familles de France veut promouvoir les complémentarités de fonctionnement médecine de ville privée et médecine hospitalière publique :

- par la fin de la concurrence public-privé en privilégiant les complémentarités locales,
- par la prise en compte dans la rétribution des actes médico-chirurgicaux, en public comme en privé, des niveaux de responsabilité (1, 2 ou 3..)
(actes de chirurgie lourde ou de médecine d’urgence insuffisamment cotés.. – les dépassements d’honoraires des chirurgiens atteignent de 22,6% à 39,5 % pour les stomatologues) afin d’encourager les jeunes en formation à choisir les spécialités à risque : anesthésie-réanimation, neurochirurgie, chirurgies cardiaque, digestive, orthopédique, pédiatrique, vasculaire…(Les jeunes ne choisissent plus la chirurgie. Le nombre de chirurgiens en formation est dangereusement trop faible et nous manquerons de chirurgiens compétents dans quelques années.)
- 68,5 % des chirurgiens et 51,5 % des anesthésistes ont signé avec la CNAM un contrat de pratiques professionnelles (CPP) dans le secteur I, démontrant qu’ils sont prêts à relever le défi de la qualité des soins… Ils attendent la Classification commune des actes médicaux (Ccam).
- dans le cadre de la loi des finances de la SS 2004, le forfait hospitalier est passé de 10,67 € à 13 € - conséquence : les cotisations des mutuelles de santé augmentent autour de 10 % pour prendre en compte le transfert de ces charges (et probablement d’autres inhérentes à la santé), alors que les 3 € supplémentaires auraient du rester à la charge du patient – chiffrées à plus d’un milliard d’€ passés de l’assurance maladie vers les mutuelles.
- par le développement de l’Hospitalisation à Domicile (HAD), qui devrait plus que doubler sa capacité d’accueil de 4700 à 8000 places, avec des tarifs incitatifs pour réduire les coûts hospitaliers et des cliniques. Les médecins généralistes ne sont que 10% à prescrire l’HAD. Cela créerait des emplois paramédicaux, auxiliaires de vie… 83% des français soutiennent l’idée de développer l’hospitalisation à domicile, à 52% celle de réduire la durée de séjour lors de l’hospitalisation et 51% celle de limiter le nombre des examens.
- le plan Hôpital 2007 doit sortir le fonctionnement hospitalier de l’immobilisme avec 70% de son budget consacré aux rémunérations (les cliniques privées ne peuvent dépasser 50%, et les malades ne sont pas moins bien soignés).
Les budgets hospitaliers représentent 44 % des dépenses de l’Assurance Maladie.
Les patients doivent être informés de l'implication forte des professionnels de santé pour la meilleure gestion du “Capital Santé” de chacun, par la réduction de la surconsommation médicamenteuse, l’information prévention des risques de récidives ou rechutes, des conseils de santé individuelle et collective.
- la tarification à l’activité hospitalière (T2A) devient possible grâce à la comptabilité analytique qui permet le suivi du coût en fonction de l’activité.
Ainsi 90 % de la Dotation Globale (DG) est versée fin janvier et les 10% restants du budget annuel de l’hôpital seront versés en octobre sous forme de T2A, en fonction du coût de l’activité hospitalière évaluée au cours des 9 premiers mois de l’année. En 2005 la T2A représentera 20 % et en 2O12 la T2A remplacera complètement la DT.
- des pôles d’activité seront mis en place dans les hôpitaux avant fin 2006, il restera à motiver les candidats médecins (seulement 51 % des 2000 postes médicaux déjà créés ont été pourvus : 57% aux urgences, 41% en pédiatrie et en réanimation.) Les pouvoirs publics sont obligés d’inciter financièrement les médecins à travailler au-delà des 48 hebdomadaires (82 millions d’€ débloqués dans ce but en décembre 2003).
En CHU ou médecine libérale accréditée selon des critères nationaux, serait mesurée l’efficacité des nouvelles techniques thérapeutiques par rapport à leur coût, avant de décider de leur remboursement. Une “Haute autorité du remboursement” pourrait être mise en place à la fois pour ces évaluations et les décisions de déremboursement des produits ou services rendus devenus moins utiles.
- Le transfert des tâches dans certaines spécialités ne peut que conduire à des économies : en ophtalmologie la demande de soins va augmenter de 20 % sous l’effet du vieillissement de la population. L’extension du rôle des orthoptistes (en cours de test dans la Sarthe) à certains types de dépistages : glaucomes et rétinopathie diabétique, exploration du sens chromatique.. ne peut que favoriser une meilleure prise en charge des soins d’urgence et délicats par les médecins spécialistes.
- Les visites à domicile : dans les 8 mois qui ont suivi la mesure sur les visites à domicile, leur nombre a diminué de 22,5%. On a osé dire aux patients qu’ils paieraient la visite à domicile de leur poche si elle n’était pas justifiée ! La responsabilisation des patients est possible et doit être poursuivie en vérifiant systématiquement son impact sur la santé et sur l’économie.

11. Familles de France est d’accord pour la mise en place progressive d’une
« Carte d’identité Santé électronique » appartenant au patient et dont les caisses auraient le double protégé par le secret médical.

- La “traçabilité santé” ou ”carte d’identité santé” des patients ne peut être qu’un plus pour la santé du patient en conservant la confidentialité : gain de temps pour le diagnostic et la prise en charge thérapeutique, pas de doublon d’examens complémentaires, meilleur suivi santé, échanges privés-public à la demande du patient.
- L’échec du carnet de Santé, insuffisamment testé, doit être utilisé pour passer au concept moderne et praticable de la « Carte de Santé électronique », intégrée à la future carte vitale (dès 2006) protégée par le secret médical.

12. Familles de France veut absolument éviter la médecine à 2 vitesses.

- les ménages les plus aisés sont les mieux assurés en cotisant davantage aux mutuelles ou paient de leur poche la différence avec le remboursement standard et consultent en secteur II ou III.
- aucun médecin ne pourrait avoir une clientèle totalement en secteur II ou III, le nombre de patients traités dans ces secteurs ne devrait pas dépasser 50% du total des patients traités. ( 106 spécialistes alsaciens passent en secteur II, augmentant leurs honoraires de 23 à 33 € en moyenne : « chacun fait en fonction de la difficulté de sa consultation et de sa longueur ». Le coût des fournitures a fortement augmenté, 40% pour les pansements, les fils de suture, les lames de bistouri… pour l’azote liquide il est 340 %.)
De plus en plus de médecins spécialistes font payer leur consultation 30 à 50 €, estimant leur prestation plus coûteuse que les 23 € qui sont remboursés.
Le danger est qu'ils se déconventionnent, ce qui ferait que le patient ne serait plus remboursé de quoi que ce soit. N'oublions pas que la prestation d'un plombier ou serrurier pour 15 à 30 minutes varie de 50 à 300 € selon les heures et les jours (48 de déplacement + 50 € pour l’acte...).
- Actuellement la contribution santé personnelle est de l'ordre de 80 € par personne et par an pour ceux qui le peuvent. Pour rendre plus égalitaire le principe de la redistribution, une franchise par famille à revenus élevés ne serait-elle pas envisageable ? La responsabilisation des patients au moyen d’un forfait à charge de 1 ou 2 € par acte ou prescription est en cours de test.
La Mutualité française est opposée à une forme de responsabilisation…

13. Familles de France souhaite une gérance moderne de l’Assurance Maladie qui associe financeurs et bénéficiaires, y compris les familles.

Quatre constats :
- Le financement de l’AM repose essentiellement sur les cotisations sociales (90 % par les actifs et retraités + 60% de la CSG reçue par le régime général sont perçus par la CNAMTS – Impôt injuste qui ne tient pas compte des charges familiales : 1 point de CSG rapporte 9,5 milliards d’€, impensable de l’augmenter chaque année) et les partenaires sociaux sont seuls responsables de la gestion.
- Les syndicats (employeurs et salariés) sont-ils légitimes pour gérer les questions de santé ? Le Medef justifie seulement la gestion des accidents du travail et maladies professionnelles. Il veut obtenir la suppression des cotisations patronales maladie au profit de la CSG (en place depuis 1991). Les autres partenaires sociaux sont garants de l’intérêt général de l’ensemble des assurés en toute impartialité.
- l'Etat, dans le cadre de la politique de l'emploi prend en charge les nombreuses exonérations de cotisations sociales. Cette participation du budget de l'Etat aux recettes de l'assurance maladie apparaîtra plus clairement en 2004 avec la suppression du FOREC ( FOnds de financement de la Réforme des Cotisations patronales de la SS) et le transfert vers le budget de l'Etat de la prise en charge des exonérations de cotisations.
- La main mise de l’Etat, la confusion des rôles et des responsabilités, le manque de clarté.. expliquent une partie des dérives financières.

Propositions :

- L’Etat préparerait une loi de finances de législature, votée par la représentation nationale et en contrôle son application d’année en année. (L’annualité de la loi est une des raisons des échecs relevés aujourd’hui tant pour la fixation des objectifs sur un trop court terme que pour la gestion.)
- Une gestion bipartite du Régime obligatoire :
1. ceux qui financent : l’Etat (direction opérationnelle) et les salariés et employeurs, les Mutuelles puisqu’elles ont la charge des Régimes complémentaires. ( Unifier les caisses en une seule union nationale des caisses d’AM :
Caisse d’assurance maladie des travailleurs salariés + Caisse d’assurance maladie des professions agricoles + Caisse d’assurance maladie des professions libérales).
Le retour du Medef (bien qu’il ait décidé de ne pas reprendre sa place) serait possible si l’on joint la gestion médecine de ville et hospitalière en visant l’équilibre financier et en responsabilisant tous les acteurs.
Une augmentation du taux de la CSG ne doit pas être proposée tant que les autres mesures (réduction des dépenses et des gaspillages…) ne seront pas mises en place :
(Le produit de la CSG est destiné au financement d'une partie des dépenses de Sécurité sociale relevant des prestations familiales, des prestations non contributives des régimes de base de l'assurance vieillesse et d'une partie des dépenses de l'assurance maladie.
- Les revenus d'activité sont soumis à la CSG au taux de 7,5% (depuis le 1er janvier 1998).
Sont concernés notamment : - les salaires (après abattement de 5% pour frais professionnels),
- les traitements, primes et indemnités des fonctionnaires (après abattement de 5%). Rappelons qu’1 point de CSG rapporte 9,5 milliards d’€…

2. ceux qui en bénéficient : les professionnels de santé, les Familles et les associations de malades (ils participent aussi au financement par la CSG).
Les professionnels de santé bénéficient directement par leurs salaires et les moyens donnés par les structures hospitalières.
Ils doivent être directement formés et responsabilisés à la gestion de leur unité ou service hospitalier, à partir d’un budget annuel évalué en fonction de leur activité l’année précédente.

Il faudra préparer les représentants des familles à participer activement à la gestion de l’AM. L’objectif est de leur faire prendre conscience du coût de la santé, des moyens mis en œuvre et de leurs limites.
En plus il faudra les faire participer aux formations prévention et à leur évaluation dans le but de faire connaître et gérer le « capital santé individuel et familial ».

14. Familles de France souhaite participer à la prévention des abus et gaspillages
Les moyens propres à limiter ces abus et à modifier les comportements représenteraient 10 % du déficit annuel actuel soit 1 milliard d’€.
On considère les abus de prescriptions et de soins, le nomadisme médical, la consommation excessive de médicaments…

Du côté des médecins et des pharmaciens.
- Les excès des prescriptions médicamenteuses, tant par le nombre de médicaments que pour la durée de prescription, sont à l’origine des « armoires à pharmacie familiale » qui stockent des médicaments non utilisés.
- Les médecins accepteraient de réduire au maximum leurs prescriptions :
pas plus de 4 ou 5 médicaments sauf justification selon les avis de la communauté scientifique (Recommandations pour la Pratique Clinique)
- La connaissance des interactions médicamenteuses serait sous la responsabilité des médecins et des pharmaciens : (avez vous vraiment besoin de vos 5 médicaments ?). Chaque année 128 000 hospitalisations sont liées à des accidents iatrogènes dus à la prise conjointe de médicaments incompatibles entre eux.
- la chasse à la non-qualité est possible : interventions inutiles, séquelles invalidantes des opérations mal exécutées, diagnostic erronés, infections nosocomiales…
- l’abus de prescriptions d’analgésiques, antidépresseurs, tranquillisants (2 à 4 fois plus que les pays voisins),
- honoraires différenciés incitatifs selon les régions (comme au Canada), et réduction des excès (les radiologues gagnent 5 à 6 fois plus que les dermatologues).
- La participation des médecins bénéficiaires du Mica à la permanence des soins (article 46 de LFSS 2004) est désormais possible avec cumul de l’allocation de remplacement et revenus tirés de l’activité libérale de permanence de soins.
- Les MMG, (Maisons Médicales de Garde – 150 fonctionneraient) commencent à se mettre en place pour assurer la permanence des soins et urgences libérales des médecins généralistes de 19 h à 24 h en semaine et 8h à 24 h en week ends et jours fériés. Les médecins seront payés au forfait (4 actes à l’heure quand la Cpam garantit un forfait de 3C de l’heure.) Les médecins sont conscients que le passage du C de 20 à 25 € correspond à un sourcoût de 1,5 milliard d’€… (300 millions de consultations généralistes par an)
- L’Evaluation des Pratiques Professionnelles ( EPP) des médecins libéraux est réalisée par le département statistiques et d’informatique de l’Assurance Maladie. La transmission des données aux unions régionales des médecins libéraux est désormais possible en préservant l’anonymat des médecins et des patients.

Du côté des familles

- le congé maternité n’est pas une maladie. Nous pourrions envisager qu’il soit imputé à la Branche famille à condition que pour les femmes qui s’engageraient à allaiter, ce congé passe de 3 à 6 mois, ce qui est selon l’OMS, l’idéal pour la santé de l’enfant et de la mère (prévention de maladies infantiles et des cancers du sein pour les mères…). Bien évidemment l’enveloppe actuellement réservée dans la Branche Maladie passerait à la Branche Famille.
Cette logique ne pourrait être mise en place que si le ministère de la Santé et de la famille s’engage sans restriction sur cette réforme.
- paiement à l’acte et remboursement pas avant le 7 ème jour (hors CMU et conditions financières proches du seuil d’accès à celle-ci)
- pas de prise en charge systématique à 100% pour les “transports sanitaires”
(il y a des diabétiques grabataires et d’autres qui font du tennis tous les jours) et selon l’état de santé du patient et le lieu d’habitation.
- promotion d'une "Consultation annuelle de Prévention santé Familiale (CAPF)" selon le modèle de la “Consultation préventive annuelle des étudiants” gratuite, réalisée par les médecins généralistes, mise en place à l’initiative des étudiants d’Ile de France entièrement prise en charge par la mutuelle étudiante.
La consultation dure 45 minutes, est réalisée à partir d’un questionnaire, et remboursée au médecin 50 €. Le questionnaire anonyme permet d’avoir des informations précises sur l’état de santé de cette population et son suivi année après année.
- dans certains départements la démographie médicale en réduction peut avoir des conséquences néfastes pour la santé des familles. Les familles acceptent de mettre en place des formations spécialisées à orientation familiale pour les gestes de premier secours (tels qu'ils sont réalisés par la Croix Rouge française).
La récente publication du Guide des Urgences des enfants et nourrissons et la convention signée par "Familles de France" à la fois avec l'UDAF de la Mayenne, en cours avec le Conseil de l'Ordre départemental et la Croix Rouge française constitue un exemple concret d'une action de prévention familiale.
Elle pourrait s'orienter progressivement, au fur et à mesure de la formation des médecins vers une Consultation Annuelle de Prévention santé Familiale (CAPF) où seuls de conseils de prévention serait "ordonnancés".
- les expériences récentes de “coaching santé” dans les villages de Fleurbaix et Laventie, villes du Pas de Calais (total 6600 habitants) ont démontré leur efficacité : changement des habitudes alimentaires, prise de poids des mamans ralentie, l’obésité des enfants n’a pas progressé, alors qu’elle était multiplié par 2 ou 3 dans la région.

Du côté des assurés

Le contrôle des arrêts de travail (article 42 de la Loi de FSS de 2004) fait partie de la lutte contre le gaspillage : contrôles systématiques des prescriptions effectuées par les médecins dès que leur nombre est supérieur à la moyenne des prescriptions d’arrêt de travail.
Les assurés auraient-ils “droit” à des congés supplémentaires sous la forme d’un minimum d’arrêts de travail ? L’absence de justification vérifiée par le médecin conseil de la caisse suspend le versement des IJ (Indemnités Journalières). La responsabilité du médecin prescripteur des arrêts de travail excessifs doit être prise en compte.
Familles de France est d’accord pour participer à la réduction des abus et gaspillages.
Familles de France veut participer à la mise en place des « informations-préventions » en direction des familles et des jeunes.
Familles de France souhaite que les familles soient associées directement à la gestion de l’assurance maladie.

 
 
 

Henri Joyeux

Professeur de cancérologie et de chirurgie digestive à la Faculté de Médecine de Montpellier.

Spécialiste en nutrition, alimentation et cancer.

Président depuis le 7 avril 2001 du Mouvement "Familles de France" (libre de toute confession, politique, syndicat ou idéologie).

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