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Le Professeur Joyeux : pour
la famille
Avec sa faconde toute méridionale
et son verbe chantant, le Professeur Joyeux se fait le chantre de
la famille.
De toutes les familles. De nouveau élu Président du
Mouvement
« Familles de France » pour 4 ans, il sadresse
tant aux pouvoirs publics quaux parents et à leurs
enfants.
Aux uns il parle droits et principes de bon sens, aux autres éducation,
pédagogie et transmission de lamour. Aux derniers,
il clame la vérité sur tous les sujets : sexualité,
drogue, vie affective, diététique, études.
A tous, il révèle la valeur de la famille, lespérance
qui lhabite et que rien ne saurait altérer. Entretien.
ChristiCity : Marié, père
de 6 enfants, jeune grand-père, vous donnez souvent des conférences
à ladresse de jeunes. Quest-ce qui vous frappe
chez eux ?
Henri Joyeux : Les jeunes ont d'abord soif de savoir. Savoir
exige de donner des arguments, de réfléchir.
Or notre société donne "à voir" et,
consciemment comme inconsciemment, endort l'imaginaire et supprime
la capacité à argumenter.
Beaucoup d'adultes ne vont pas bien. Les média qui pourraient
être merveilleux et aider les jeunes à se construire
font souvent l'inverse.
Bien des animateurs radio ou télé n'ont pas la compétence
pour parler à nos jeunes.
Ils ne cherchent que l'audimat, c'est à dire à se
remplir les poches de fric sans se soucier un seul instant de la
construction psycho-affective et relationnelle des jeunes.
La situation s'est nettement aggravée depuis 1982, date à
laquelle j'ai commencé à rencontrer des jeunes, un
jour par semaine, dans tous les établissements publics ou
privés. Il faut commencer dès la maternelle, car le
potentiel des jeunes est intact, ils sont intelligents et sensibles
et nous devons tout faire pour les aider à se construire.
Au regard de votre expérience,
quels conseils éducatifs donneriez-vous à de jeunes
parents ?
Parlez et laissez parler vos jeunes ! Aidez-les à réfléchir,
à argumenter.
Regardez peu la télé, choisissez les rares bonnes
émissions en les enregistrant d'abord.
Prenez au moins le repas du soir -même tard- en famille, ou
le petit-déjeuner, tous réunis, et faites parler d'abord
les plus petits pour que les grands ne les écrasent pas.
A « Familles de France »,
nous avons mis au point une méthode pédagogique qui
a fait ses preuves.
Nous sommes là pour aider les familles, les parents
(nous organisons des formations pour eux afin de les aider à
parler de sujets délicats comme les choses de la vie et de
l'amour) et les enfants à être heureux ensemble, même
quand il y des crises. Elles font toujours grandir.
Et si les parents ont une spiritualité, qu'ils la vivent
pleinement,
la transmettent en la proposant sans l'imposer, et quils respectent
les autres.
Pourquoi cette association « Familles
de France » ?
Reconnue dutilité publique par l'Etat, a-t-elle une
influence réelle sur les pouvoirs publics ?
« Familles de France » est le seul Mouvement
familial d'Utilité publique qui n'a pas de qualificatif et
a "recrutement général" ! Il est composé
denviron 100 000 familles adhérentes issues de toute
confession, opinion politique, syndicale ou idéologique.
Le mouvement est donc apolitique, aconfessionnel, asyndical. Nous
excluons les extrêmes de droite comme de gauche. C'est notre
force.
Le Mouvement sorganise en 550
associations fédérées dans 86 départements,
tant de métropole que doutre-mer. Notre influence sur
les pouvoirs publics locaux, départementaux ou nationaux
est réelle : nous sommes ainsi à l'origine, avec
nos collègues des autres mouvements familiaux, de la PAJE
(Prestation d'Accueil du Jeune Enfant) qui correspond à la
prise en compte du premier enfant pour la première fois.
Nous avons mis trop de temps à obtenir cette reconnaissance,
car les familles ne savent pas assez que nous existons.
Plus nous serons nombreux, plus nous obtiendrons que les familles
soient entendues, reconnues et soutenues dans leur vie quotidienne.
Nous avions obtenu le prolongement des allocations familiales jusqu'à
22 ans, la loi a pu être votée en 1997, mais le gouvernement
suivant a supprimé un article du décret d'application...
Nous voulons être aussi entendus pour les familles que les
organisations syndicales le sont.
Quelles valeurs défendez-vous ?
Notre "étoile", c'est la famille. Nous défendons
et représentons sur le terrain toutes les familles françaises
ou étrangères qui résident légalement
en France. Notre Charte et les valeurs de Familles de France viennent
d'être confirmées par notre Congrès du 15 mai
2004 vous les trouverez sur le site www.familles-de-france.org et
dans le Magazine de Familles de France de mai/juin 2004.
Nous distinguons les valeurs permanentes de la famille et les valeurs
caractéristiques de la vie familiale d'aujourd'hui.
Nous considérons que la famille est fragile, fragilisée,
mais indestructible.
La preuve : quand une famille se « décompose »,
(je n'aime pas cette expression) elle ne tarde pas à se recomposer.
La famille est plébiscitée par tous les sondages et
dans tous les milieux.
Quelles réflexions vous
inspire la possibilité pour un couple homosexuel dadopter
un enfant ?
Nous ne sommes pas "homophobes", nous comprenons les désirs
de ces personnes très sensibles.
Nous sommes cependant étonnés que des personnes et
des groupes de pression qui ont toujours considéré
le mariage classique fait d'un homme et d'une femme, comme une aliénation
de l'un ou l'autre ou des deux, souhaitent ardemment maintenant
le mariage de personnes identiques par leur sexe.
Leur but proclamé est évidemment l'adoption d'enfant,
ce qui peut se comprendre, puisque leur mode de vie rend impossible
la procréation "in vivo".
Sur ce sujet, il y a beaucoup de passion
et peu de raison. Il faut rester scientifique et penser d'abord
à l'enfant que ces personnes souhaitent adopter pour combler
leurs besoins affectifs. En effet, les personnes très "homosensibles",
et plus encore, ceux qui vivent des attirances et des relations
homosexuelles, sont des "affamés d'affection".
Or, l'enfant qui serait adopté a déjà le handicap
de ne pas avoir ses 2 parents génétiques. Il ne nous
parait pas éthique de proposer à cet enfant
(de lui imposer, en réalité) l'absence d'un papa ou
d'une maman, selon le couple homosexuel qui veut l'adopter. L'intérêt
supérieur de l'enfant, c'est le choix scientifique et éthique
que nous faisons. N'oublions pas qu'en France il y a au minimum
20 000 couples (hétérosexuels) qui ne peuvent
pas adopter par manque denfants...
Comment définiriez-vous
les besoins actuels des familles ?
Quels engagements avez-vous pris au cours du 25e Congrès
de « Familles de France » afin dy répondre ?
A lassemblée générale du Mouvement
qui a précédé ce XXVe Congrès, j'ai
été largement réélu, afin de poursuivre
la tâche pendant 4 ans. Toutes les fédérations
se sont engagées à se développer en faisant
connaître ce que « Familles de France peut faire
pour les familles ».
Nos engagements en politique familiale
sont clairs, car les besoins des familles sont énormes :
depuis l'organisation de la garde des jeunes enfants qui est un
souci permanent des jeunes familles, jusqu'aux retraites car la
prise en compte de la taille de la famille n'est pas suffisante,
alors que l'investissement pour la société a été
très important, en particulier dans les familles nombreuses.
Il y a aussi le coût de l'adolescent à partir de 15
ans qui est le même que celui d'un adulte et pour lequel nous
demandons une part fiscale complète et un crédit d'impôt
pour ceux qui n'en payent pas, soit la moitié de la population.
Nous demandons aussi le "statut parental" pour celui des
2 parents qui s'occupe de l'éducation des enfants en restant
à "plein temps" dans la famille. Si le parent qui
a fait ce choix s'occupe des enfants de son voisin, il aura un statut
social, un salaire et une retraite.
Et s'il s'occupe de ses propres enfants il n'a rien, il est discriminé.
Devrions nous échanger nos enfants ?
Découvrez le site « Familles
de France » !
Construisez votre amour, il est si
fragile !
Henri et Christine Joyeux
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