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Article paru dans La Croix : Mardi
2 novembre 2004
"Le débat nécessaire sur l'homoparentalité"
Professeur Henri Joyeux
Président de Familles de France
Avant de décider sur ces deux
sujets, il nous faut voir ce que c'est le mariage des homosexuels
et l'homoparentalité dans leur réalité.
Depuis décembre 1999, le pacs
permet aux personnes de même sexe de vivre officielement ensemble.
Poussée par un fort lobbying et par quelques "spécialistes",
notre société est stimulée vers le "mariage
des homosexuels" et l'adoption sous le terme "homoparentalité".
Le sujet devient argument électoral.
On classe les "contre" en homophobes, les "pour"
en progressistes.
Reconnaissons d'abord les erreurs
stigmatisant pendant des siècles des personnes homosensibles,
homosensuelles ou homosexuelles. Elles rendent juste la lutte contre
l'homophobie. Mais on ne peut mettre sur le même plan les
modes de vie, homo et hétéro, quand il s'agit de la
vie des enfants et des repères que la société
propose pour les aider à se construire.
La loi actuelle est claire : fait
"famille", le mariage de deux personnes de sexe différent
: le code civil (art. 75) précise que "le maire recoit
de chaque partie l'une après l'autre, la déclaration
qu'elles veulent se prendre pour mari et femme" et l'article
12 de la Convention européenne des droits de l'homme que
"à partir de l'âge nubile l'homme et la femme
ont le droit de se marier et de fonder une famille."
Fait famille également la filiation ou l'exercice de l'autorité
parentale, qui peut être monoparentale.
Restons cohérents. Il est curieux
de voir l'importance que les médias donnent au "mariage
homosexuel" quand, depuis des decennies, ceux qui le soutiennent
refusent le mariage dans l'hétérosexualité,
le considérant comme une aliénation.
On sait maintenant, de manière scientifique que ces deux
tendances, l'homosexualité et l'hétérosexualité,
n'ont aucun rapport avec la génétique, mais sont liées
aux référents parentaux d'abord de la petite enfance
(qui ont fait de leur mieux et ne doivent pas transformé
en "droit à l'enfant"). L'argument des familles
" hétérosexuelles" qui maltraitent les enfants
ne tient pas plus sous le prétexte que deux pères
sans mère ou deux mères sans père seraient
plus en harmonie.
Voici d'autres arguments.
Le mariage civil est l'union de deux personnes complémentaires
physiquement, affectivement. Il a pour but d'abord le bonheur de
chacun et des deux ensemble en vue d'avoir et de rendre heureux
des enfants issus de leur union ou de l'adoption. Le repère
du mariage, reconnu comme une sécurité pour chacun
des membres du couple et pour les enfants, a fait ses preuves au
fil des siècles. Et même quand la famille a été
fragilisée, elle se recompose souvent par le mariage.
L'enfant adopté qui commence
sa vie avec la perte ou l'abondon de ses parents génétiques
doit être confié à deux personnes qui remplacent
le plus complètement ses parents : un homme et une femme.
Même l'adoption monoparentale peut fragiliser un enfant. La
loi d'ailleur devrait imposer un référent de sexe
opposé en accord avec l'adoptant sous le contrôle d'un
médiateur familial qualifié. La société
doit se préoccuper en premier de l'intérêt de
l'enfant. L'enfant adopté a besoin plus que tout autre du
regard sécurisant, valorisant et bienveillant de sa famille
et des environnements sociaux.
L'enfant peut construire sa personnalité
et ses attirances affectives et sexuelles, a besoin de deux référents
de sexe différent. S'il manque un référent,
il va naturellement le chercher ailleurs, et sa forte sensibilité
à une période fragile de sa vie risque de le pousser
vers un ou des adultes dont il a manqué d'affection souvent
sans le savoir. C'est ce que démontre la psychologie des
adolescents et d'adultes "affamés d'affection".
Anticipons les conséquences
du mariage homosexuel et de l'adoption. La tendance à diminution
des mariages hétéros se poursuivra. Le mariage étant
davantage revendiqué du côté de l'homosexualité,
les hétérosexuels ne veront plus d'intérêt
à se marier, à moins que des avantages substantiels
soient donnés dans le but de revaloriser le mariage! Nous
y croyons d'autant moins que la politique sociale domine encore
largement sur la politique familiale.
Le mariage disparaîtra car la
majorité des couples homosexuels, après les hétéros,
évoluera de la même façon et plus vite. On considérera
bientôt que le mariage n'est en rien nécessaire pour
vivre ensemble, adopter des enfants. C'est à terme la fin
du mariage.
Désir conscient ou inconscient
de ceux qui veulent le mariage des homosexuels?
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