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PROJET ABARAC "AGRICULTURES-NUTRITION-SANTE"
Les résultats du programme de recherche Abarac
DOCTEUR, COMMENT DOIS-JE M'ALIMENTER ET FAUT-IL MANGER BIO ?
Pr Henri Joyeux
Chirurgien cancérologue et directeur de recherche en nutrition
et cancer - Institut du Cancer et Faculté de Médecine
de Montpellier.
Dr Mariette Gerber
Groupe d'Epidemiologie métabolique, Centre de recherche
en cancérologie, Inserm-CRLC, Montpellier.
Une "formation-nutrition" pour toutes les spécialités
médicales.
Les découvertes scientifiques dans le vaste domaine des maladies
de la nutrition ont fait de grands pas au tournant de ce siècle.
Elles ont permis de mieux cerner ce qu'est une bonne et saine alimentation.
De mauvaises habitudes alimentaires, souvent relativement récentes,
sont en cause dans un grand nombre de maladies : diabète,
obésité, goutte, maladies rhumatismales, cancers tant
du tube digestif que des glandes (thyroïde, sein, utérus,
prostate, pancréas, foie...), maladies immunologiques. Les
patients, encore bien portants ou malades pendant et après
leurs traitements, attendent de leurs médecins des conseils
nutritionnels précis.
Si la façon de s'alimenter et ce que l'on mange peuvent être
en cause dans leur maladie, ils ne veulent pas vivre les récidives
de cancer ou la chronicité de maladies invalidantes (polyarthrite
rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, lupus érythémateux,
sclérodermie, maladie de Crohn, rectocolite, sida...) (1).
La cohérence santé (2) du corps humain est une réalité
mieux comprise de la science. On retrouve les mêmes conseils
nutritionnels chez le cardiologue suite à un infarctus du
myocarde, le rhumatologue pour une maladie rhumatismale invalidante,
le gastro-entérologue pour une maladie inflammatoire du tube
digestif ou un ulcère de l'estomac, le gynécologue
à la ménopause ou suite à un cancer du sein,
l'urologue-andrologue à l'andropause ou suite à un
cancer de la prostate, le dermatologue pour de l'acné ou
les allergies alimentaires, le pédiatre pour les troubles
digestifs, des allergies ou des infections à répétition,
le gériatre pour la dénutrition du sujet âgé,
l'hématologue comme le cancérologue pour tous les
cancers du tube digestif et ceux dits hormono et aliments-dépendants,
l'ORL pour les rhinites, otites et angines à répétition,
le psychiatre pour un grand nombre de déprimes et d'obsessions,
de l'anorexie à la boulimie, l'immunologue pour les dépressions
immunitaires si fréquentes aujourd'hui, l'endocrinologue
pour bien des maladies hormonales... Tous devraient avoir une forte
"compétence nutrition".
Malades et bien-portants sont en droit d'attendre de chacun de ces
spécialistes des réponses justes qui les aident à
changer leurs habitudes alimentaires dans le bon sens. Les connaissances
scientifiques ne doivent pas seulement préciser le nombre
de calories par gramme de grands nutriments (glucides, lipides...)
et le détail de tel ou tel régime. Ils doivent intégrer
tous les aspects de l'alimentation depuis la qualité des
aliments, leur contenu et leur détérioration ou amélioration
par la cuisson, jusqu'aux effets positifs ou négatifs des
grands aliments consommés de façon insuffisante ou
excessive.
Connaître aussi les réponses scientifiques aux modes
des compléments alimentaires qui risquent aujourd'hui de
faire autant de dégâts que les mauvaises habitudes
alimentaires d'hier (3). Attention à tous ceux qui voient
des besoins chez tous les bien-portants, (business oblige) ou préconisent
une complémentation ou substitution hormonale systématique
d'équilibre ou de confort, poussés par certains laboratoires
pharmaceutiques, qui veulent ou ont intérêt à
ce que la ménopause et l'andropause soient une maladie !
En plus du "comment s'alimenter ?", les qualités
nutritionnelles des aliments varient-elles selon les procédures
culturales dont ils sont issus ?
Voilà les deux questions que nous pose à juste raison
le grand public.
Elles exigent des réponses scientifiques.
Le cancer, un fléau social :
la prévention aussi importante que le dépistage
Chirurgien cancérologue, je ne peux me contenter d'opérer
les malades sans me poser des questions sur les causes des cancers
rencontrés chaque jour.
En 2000, la France comptait 41 836 nouveaux cas de cancer du sein
(nous en avions 7 000 en 1975 et 35 000 en 1995), presque autant
de la prostate (26 474 en 1995), et 55 000 cas de cancer digestifs.
La connaissance des causes, dénommée "épidémiologie",
évolue plus vite que l'efficacité des traitements
anticancéreux extrêmement coûteux, lourds pour
les patients et insuffisamment efficaces.
L'avenir de la lutte contre les cancers est dans la prévention,
plus encore que dans le dépistage précoce qui ne représentent
pas plus de 2,8 % des dépenses de santé en France.
Tous les spécialistes s'accordent sur le fait qu'éviter
le cancer est plus intéressant et moins coûteux que
de le dépister même au premier stade. Les économies
en matière de santé publique sont dans le créneau
de la prévention. La santé économique d'un
pays, d'une famille rejoint la santé publique et individuelle.
Mes fonctions universitaires d'enseignant des étudiants et
du grand public, ne sont pas à sens unique. L'écoute
permet de percevoir à la fois les attentes et les perspectives.
Le grand public, dont l'intelligence scientifique - intérêt
et connaissances - croît à grands pas, attend de la
science et de ses chercheurs des résultats concrets. S'il
devient nécessaire de changer un certain nombre de comportements
pour éviter le cancer, le grand public, dans sa grande majorité,
y est prêt.
" Si l'air que l'on respire, ce que l'on mange et nos fonctions
d'élimination sont en cause, alors dites-nous ce qui est
le mieux pour éviter le cancer dans ces trois domaines :
comment respirer, manger, éliminer ". Tout le monde
sait que le tabac est nocif, responsable de nombreux cancers des
voies respiratoires et urinaires. Les experts en prévention
connaissant précisément le phénomène
de la dépendance ont mis au point des médicaments
utiles pour ceux qui, avec leur seule volonté, ne peuvent
se "libérer" du tabac.
L'alimentation est un autre sujet de préoccupation majeure
tant pour les épidémiologistes que pour le grand public.
Ensemble ils peuvent changer leurs habitudes alimentaires : "manger
mieux et meilleur". Les deux questions en titre de cet article
résument les attentes de ceux qui ont compris que leur santé
n'est pas seulement entre les mains d'une médecine qui ne
serait que prescription de médicaments.
Pourquoi le programme de recherche Abarac ?
Autour de l'an 2000, sous la pression des consommateurs, malades
et bien-portants, nous avons entrepris avec le Docteur Mariette
Gerber, du Groupe d'épidémiologie métabolique
du centre de recherche en cancérologie et de l'Inserm à
Montpellier, une étude visant à comparer la valeur
nutritionnelle des aliments courants provenant des trois types d'agriculture
(biologique avec le label AB, raisonnée dite AR et conventionnelle
dite AC) d'où le nom du projet Abarac.
C'est en effet l'apport alimentaire dans son ensemble qu'il faut
considérer, et non un seul aliment, quand on se place dans
la perspective de la prévention nutritionnelle [4].
Notre curiosité était d'autant plus grande que nous
avions remarqué empiriquement l'efficacité du changement
des habitudes alimentaires dans des cas très précis
de maladies graves, cancéreuses ou pas. D'autre part nous
étions, comme tout un chacun, médiatiquement conditionnés
pour penser qu'il n'y avait aucune différence dans la qualité
nutritionnelle des aliments provenant de ces trois procédures
culturales. Il était donc important, tel était un
de nos objectifs inconscients, de démontrer à tous
ceux qui nous interrogeaient que la bio ne servait à rien.
Précisons que nous avons refusé d'être aidé
ou sponsorisé par le milieu de la bio, afin de garder toute
notre liberté de discernement et de publication lors des
résultats.
Les divers rapports publiés par les agences de différents
pays européens [5-9] concluaient à l'absence de différence
ou à un petit avantage en faveur des produits biologiques
en ce qui concerne les xénobiotiques ou les nutriments.
Le risque de contamination par les mycotoxines, bactéries
ou parasites apparaît comparable dans les deux types d'agriculture
AB et AC.
La Soil Association [10], s'appuyant sur une sélection rigoureuse
des études publiées, montrait un avantage nutritionnel
pour les produits issus de l'agriculture biologique.
En France, l'Afssa (Agence française de sécurité
sanitaire des aliments - www.afssa.fr) a publié un rapport,
synthèse des publications depuis 1980 indiquant la supériorité
de l'agriculture biologique en ce qui concerne les résidus
de pesticides et les nitrates, l'absence de différences quant
au risque mycotoxique et microbiologique, mais ne peut conclure
en regard de la valeur nutritionnelle étant donné
le peu de résultats statistiquement significatifs publiés
(11).
L'organisation d'Abarac en Languedoc Roussillon
Aliments
Vingt-deux aliments issus de l'agriculture biologique (AB), 7 labélisés
ou issus de l'agriculture raisonnée (AR) et 22 de l'agriculture
conventionnelle (AC) ont été analysés. Parmi
ces 22 aliments, 9 sont d'origine animale (poulets, ufs, lait,
yaourts, pélardon, roquefort, viandes de buf, agneau
et veau), et 13 d'origine végétale : pommes de terre,
épeautre, pains (blanc et complet), lentilles, laitues, tomates,
oignon, pêches, huile d'olive (2 variétés),
vins (2 cépages).
Echantillonnage
Des pools de produits ont été réalisés
pour compenser la variabilité observée dans les produits
agricoles, à l'instar de ce qui a été fait
en épidémiologie [10].
La chambre d'agriculture du Languedoc-Roussillon a assuré
l'échantillonnage de la plupart des produits animaux. Les
échantillons des viandes de buf, agneau et veau, ainsi
que le lait et les yaourts ont été négociés
par contact direct entre les auteurs et les producteurs. L'échantillonnage
de la plupart des produits végétaux a été
réalisé par un grossiste (Bioprim) à partir
de produits de producteurs identifiés dans les mêmes
zones des Pyrénées-Orientales.
Ceux des produits végétaux issus de l'agriculture
raisonnée provenaient tous de producteurs adhérents
au réseau Farre (Forum de l'agriculture raisonnée
respectueuse de l'environnement - www.farre.org). Les mêmes
cultivars ont été comparés sauf dans le cas
de la tomate : les cultivars Gabriela, Exel and Felicia, pour les
AB, Synergy pour un échantillon AR et les 2 AC ; l'autre
AR était Raïssa. Les huiles d'olive et les vins ont
été obtenus par contact direct entre les auteurs et
les producteurs. Les détails de l'échantillonnage
sont donnés dans les tableaux 1 et 2. Vingt des 22 produits
proviennent du même terroir. Le cultivar et le temps de maturation
sont précisés pour tous les fruits et légumes.
Analyse chimique
Elle a été réalisée par le laboratoire
Lara, accrédité par le Cofrac (Comité français
d'accréditation) pour tous les produits, sauf les phyto-oestrogènes
dosés au laboratoire d'agro-physiologie de l'école
supérieure d'agriculture de Purpan à Toulouse. Les
échantillons ont été transportés à
+4°C et conservés à -18°C avant analyse. Les
diverses unités d'un même produit ont été
mélangées et homogénéisées puis
on a procédé à l'extraction ou au séchage
au four à 80°C pendant 48 heures avant les dosages requis.
Xenobiotiques
Composés organophosphorés : 51 différents ont
été recherchés dans les pains blancs et complets,
et dans les huiles d'olive par chromatographie gazeuse à
détection thermo-ionique.
Composés organochlorés : 19 différents dans
les produits laitiers, les ufs, les pommes de terre et l'huile
d'olive, par chromatographie gazeuse à détection par
capture d'électrons. La dioxine a été mesurée
dans les produits laitiers par chromatographie gazeuse couplée
à la spectrométrie de masse à haute résolution
(méthode de l'Environment Protection Agency). Pyréthrinoïdes
de synthèse : 10 différents ont été
recherchés dans les pains blancs et complets, et dans les
huiles d'olive, par chromatographie gazeuse capillaire avec détection
par capture d'électrons.
Carbamates : 10 d'entre eux ont été recherchés
dans les pommes de terre, les pêches, les oignons et les huiles
d'olive, par chromatographie liquide à haute performance
(HPLC) à détection fluorimétrique.
Métaux lourds : le cadmium et le plomb ont été
dosés dans les viandes de poulet et les ufs par absorption
atomique électrothermique (AAE). Le mercure a été
recherché dans les mêmes produits par génération
de vapeur froide couplée à l'AAE.
Mycotoxines : l'ochratoxine A a été recherchée
dans les pains et les vins par HPLC à détection fluorimétrique.
Le deoxynivalenol (DON) était mesuré dans les mêmes
produits par Elisa.
Stéroides : recherchés dans les 3 viandes par
chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie
de masse.
Nitrates/nitrites : mesurés dans les 3 viandes, les
pommes de terre et la laitue par chromatographie ionique à
haute performance après extraction aqueuse.
Matière sèche : mesurée dans le lait, les lentilles
et les oignons après séchage au four.
Lipides totaux : mesurés dans les viandes de poulet,
buf, agneau et veau après extraction à l'hexane.
Acides gras : mesurés par la chromatographie gazeuse
des éthers de méthyle après extraction à
l'hexane dans les viandes, les produits laitiers, l'épeautre
et les huiles d'olive.
Acides aminés : mesurés dans les pains par
dérivation à la ninhydrine après séparation
par HPLC.
Fibres alimentaires : mesurée dans les pains, les
pêches, les lentilles ainsi que l'amidon résistant
des pommes de terre par la méthode enzymo-gravométrique
AOAC et exprimés en pourcentage du poids frais.
Minéraux : mesurés par absorption atomique
après minéralisation sauf le phosphore (par détection
colorimétrique selon la méthode au vanado-molybdène).
L'absorption atomique à flamme ou électrothermique
a été utilisée selon la concentration minérale
attendue dans l'échantillon. Le calcium et le phosphore ont
été mesurés dans les produits laitiers, le
fer dans les viandes et les lentilles, le cuivre et le zinc dans
les ufs, le cuivre et le fer, le cuivre et le calcium dans
les vins, le sélénium, le zinc, le calcium, le fer,
le zinc dans l'épeautre et les pains, et le calcium, le potassium,
le fer, le soufre, le magnésium et le sélénium
mesurés dans les légumes et les pêches.
Vitamines : les vitamines B1 et B6 ont été
dosées par HPLC, et la vitamine B5 par méthode microbiologique,
dans les pains. La vitamine C a été mesurée
dans tous les légumes et les pêches par HPLC.
Micro-constituants : les caroténoïdes ont été
mesurés dans les tomates, la laitue et les pêches par
HPLC. Les composés phénoliques ont été
estimés par l'index de Folin dans les vins et par HPLC avec
détection par ultraviolets dans les huiles d'olive. Les isoflavones
à activité phyto-oestrogénique ont été
dosés dans lentilles par HPLC.
Expression des résultats
Une seule mesure est donnée pour chaque pool de produit,
et la différence entre les produits AB, AR et AC a été
estimée en fonction du coefficient de variation intra-analyse
: on dit que les résultats sont différents quand le
l'écart est supérieur à 20 % (soit deux fois
le coefficient de variation intra-analyse).
Trois différents échantillons de poulet, ufs,
roquefort, p&lardon et des deux sortes de pain ont été
analysés séparément permettant une analyse
statistique.
Résultats
Sécurité alimentaire
Xénobiotiques d'origine environnementale : la dioxine
a été mise en évidence à la fois dans
les laits AB et AC (AB : 0,388 ; AC : 0,265 équivalents toxiques)
et les yaourts AB et AC (AB : 0,0008 ; AC : 0,002 équivalents
toxiques).
Un faible taux de PCB (polychlorobiphényles) a été
observé dans les ufs AC (0,003mg/kg).
Pesticides : du thiabendazole (0,02mg/kg) a été
observé dans les pommes de terre AB et 0,02mg/kg de chlorotalonyl
dans les pommes de terre AC, mais seulement les pêches AC
se sont montrées contaminées avec du dithiocarbamate
(0,037 mg/kg). Tandis que le pain AB (farine de type 85) montrait
des traces de tetraconazole, les 3 pains AC (type 150) étaient
contaminés par 2 différents organochlorés (Pyrimiphos
methyl : 0,150, 0,130 et 0,090 mg/kg ; malathion : 0,100, 0,055
et 0,030 mg/kg).
Métaux lourds : un taux plus élevé de
cadmium a été trouvé tant dans le pool d'ufs
AB que dans le pool AC correspondant (AB : 0,017 mg/kg ; AC : 0,009
mg/kg), et un taux comparable de plomb dans les 3 pools d'ufs
AB et AC (AB : 0,03, 0,04 et 0,04 mg/kg ; AC : 0,02, 0,03 et 0,03
mg/kg). Mais du mercure n'a été trouvé que
dans un pool d'ufs AC (0,03 mg/kg).
Mycotoxines : des taux comparables de DON ont été
mesurés dans un pain AB et un AC (type 85), 0,11 et 0,13
mg/kg, respectivement. Mais on en a trouvé dans les 3 pains
AC (type 150), 0,13, 0,12 et 0,11 mg/kg et pas dans les 3 pains
AB (type 150). On a trouvé de l'ochratoxine A à des
taux comparables dans les vins Merlot et Cabernet-Sauvignon AB (52,0
et 53,9 µg/l, respectivement) et AC Merlot et Cabernet-Sauvignon
(54,2 et 56,9 µg/l, respectivement).
Nitrates (tableau 3) : ils ont été mesurés
dans les pommes de terre et les laitues. Leur taux est plus élevé
dans les produits AC que dans les AB et AR : taux dans les pommes
de terre AB inférieur de 88 % à celui des AC ; taux
dans les laitues AB inférieur de 22 % à celui des
AC ; taux AR inférieur de 38 % à celui des AC ; pas
de différence entre AB et AR pour les laitues, mais 60 %
de plus dans les pommes de terre AR que AB.
Composition
Produits animaux : il n'y a pas de différence de matière
sèche entre les laits AB et AC. Le tableau 4 montre le rapport
maigre/gras évalué dans les viandes.
Il est significativement plus élevé dans les échantillons
de poulet AB que dans ceux de poulets Duc (AR ) et ceux de poulet
AC. Il n'y a pas de différence significative entre AB et
Label Rouge, celui-ci étant supérieur au poulet Duc
de façon marginale, mais de façon nette à l'AC.
Le poulet Duc est comparable au poulet AC. Il n'y a pas de différence
du rapport maigre sur gras entre les viandes de buf AB et
AC, par contre ce rapport est plus élevé de 60 % pour
l'agneau AB que pour l'agneau AC, et de 67 % pour le veau AB comparé
au veau AC.
Produits végétaux
C'est seulement dans les oignons qu'on a observé une différence
dans la matière sèche : AB : 152 g/kg ; AC : 107 g/kg,
(différence de 30 %).
Qualité nutritionnelle
La quantité de fibres est comparable dans les lentilles
AB et AC, de même l'amidon résistant dans les
3 types de pomme de terre. Il existe une légère différence
entre les pains à la farine type 150, mais elle n'est pas
significative : AB : 8,94 ± 1,5 % ; AC 8, 00 ± 1,2
%.
Dans les mêmes pains, la lysine et la somme des acides
aminés essentiels est également comparable (AB
: 24,35 ± 2,81 g/kg ; AC : 22,87 ± 0,5 g/kg) et non
significative.
Le taux des minéraux est en général
comparable entre les produits AB et AC.
La concentration de calcium est plus élevée dans les
produits laitiers AC que dans les AB, mais l'écart est inférieur
à 20 % sauf dans le cas du pélardon, 30 %.
Les lentilles AC on un taux de fer (mg/kg) significativement supérieur
à celui des lentilles AB (AB 79,33 ± 8,5 ; AC : 101,33
± 13,05 ; p<0,05). Le magnésium est plus élevé
dans le pain type 150 AB que AC (AB : 825 ± 138 mg/kg ; AC
: 560 ± 199 mg/kg) mais la différence n'est que marginalement
significative (p=0,13).
Les vins AC montrent un contenu en fer légèrement
supérieur (écart de 23 %) à celui des vins
AB, mais ceux-ci contiennent plus de calcium (écart de 79
%) et moins de cuivre (écart de 74 %) que les vins AC. Dans
les oignons AB, le calcium, le soufre et le potassium sont 2 à
3 fois plus élevés que dans les oignons AC.
Le profil d'acides gras de divers produits est montré
dans le tableau 5.
D'une façon générale, il y a plus d'acides
gras polyinsaturés (AGPI) dans les produits AB que dans les
AC, à l'exception du poulet AC qui présente un taux
de 18-3 n-3 plus élevé que le poulet AB (écart
de 42 %). Il n'y a pas de différence entre les roquefort
AB et AC, ni entre les huiles d'olive AB et AC.
Parmi les vitamines et phyto-microconstituants, la vitamine
B1 était significativement plus élevée dans
les pains AB type 150 que dans les pains type 150 AC, (AB : 0,130
± 0,007 mg/100g ; AC : 0,096 ± 0,008 mg/100g ; p<0,05).
Les aliments végétaux AB présentent un taux
de vitamine C (tableau 6) supérieur à celui des AC
(tomates : 27 % ; laitues : 35 % ; pommes de terre : 20 %).
Le contenu en vitamine C des produits AB et AR est comparable pour
les tomates et les pommes de terre, et très proche dans les
laitues : 23 %.
Ce contenu est plus élevé pour les tomates AR que
AC (34 %) ; il n'y a pas de différence pour les laitues et
la comparaison n'a pu être faite pour les pommes de terre.
La vitamine E est plus élevée dans les yaourts (AB
: 0,29mg/100g ; AC : inférieur à 0,05 mg/100g), et
dans les tomates (tableau 6) : AB>AC 47 %=AR ; AR supérieur
à AC de 42 %. Elle est également légèrement
plus élevée dans l'huile d'olive de variété
picholine (AB : 27,0 mg/100g ; AC : 21,0 mg/100g ; écart
de 22 %).
Les caroténoïdes ont été trouvés
en quantité supérieure d'une façon constante
dans les produits AB (tableau 6) comparés aux produits AR
et AC, mais les différences sont plus marquées dans
les laitues que dans les tomates (ß-carotène tomates,
: AB>AC : 25 % ;=AR ; AR supérieur à AC de 21 %
; laitues AB supérieur à AC de 66 % ; AB supérieur
à AR de 27 % ; AR supérieur à AC de 57 % ;
pêches AB>AR et AC >60 %).
La teneur en lutéine est aussi supérieure dans les
laitues AB comparées aux AC (&cart de 45 %) et aux AR
(écart de 38 %). Il n'existe pas de différence entre
les laitues AR et AC pour la lutéine.
Le lycopène est en concentration faiblement supérieure
dans les tomates AB que AC (écart de 25 %), alors que les
tomates AR ne sont différentes ni des AB ni des AC.
La teneur en composés phénoliques est comparable dans
les deux cépages de vin AB et AC, mais celle en oleuropéine
est plus élevée dans l'huile d'olive (variété
Bouteillan) que dans l'huile d'olive AC correspondante (AB : 1 067
; AC : 707 mg/kg ; écart de 34 %). Cette différence
est plus faible pour l'huile d'olive de variété picholine
(AB : 1 038 mg/kg ; AC : 837 mg/kg ; écart de 19 %).
Discussion
1/ Des résultats qui confirment la supériorité
du "profil nutritionnel" des aliments issus de l'AB.
Notre étude rejoint les conclusions d'autres études.
Moins de xénobiotiques ont été trouvés
dans les produits AB que dans les produits AC, 2 résidus
contre 5 dans 16 des pools étudiés d'origines animale
et végétale. Il est intéressant de constater
que les xénobiotiques se concentrent dans le son de blé,
ce qui amène à dire que la recommandation nutritionnelle
de consommer du pain complet devrait s'assortir de celle de consommer
du pain complet fait avec des farines biologiques.
Cependant, les produits issus de l'agriculture biologique ne sont
pas indemnes de contaminants environnementaux, telle la dioxine,
renforçant la nécessité d'éliminer ce
type de pollution. Traag et al (14) ont montré que les poulets
élevés en batterie avaient moins de chances d'être
contaminés par la dioxine que ceux ayant accès à
un libre parcours. Mais la dioxine peut contaminer par la voie alimentaire.
La présence de PCB dans un pool d'ufs pourrait venir
d'une alimentation contaminée par des farines animales.
On a pu dire que le taux de métaux lourds était potentiellement
plus élevé dans les ufs et poulets issus de
l'agriculture biologique, puisque ceux-ci, élevés
en libre parcours, picorent le sol. Cependant, il n'y a pas de publication
scientifique appuyant cette opinion. En fait, dans les 6 pools de
chaque origine, 2 métaux lourds ont été trouvés
dans les produits AB et 3 dans les AC.
Ceci est peut-être dû à l'absence d'utilisation
de boues d'épuration dans l'agriculture biologique.
On a aussi pensé que les mycotoxines devaient être
en concentration plus élevée dans les produits issus
de l'agriculture biologique, étant donné l'absence
d'utilisation de fongicides. Cependant, l'agriculture biologique
privilégie des pratiques culturales favorisant l'absence
de contamination par les fusarium (champignons connus pour leur
aptitude à synthétiser certaines mycotoxines) dans
les champs, induisant une moindre contamination des céréales
par les fuminosines et les trichotécènes dans la période
de culture et de récolte. Effectivement, du DON (un trichotécène)
a été retrouvé dans 4 pains AC et 1 dans 1
pain AB, dans notre étude. Cette mycotoxine n'est pas cancérigène
mais peut être responsable de problèmes de type neurotoxique,
hématopoïétique et immunotoxique. Les mycotoxines,
comme l'ochratoxine, surviennent à la récolte et ensuite
(stockage, vinification, etc.) Dans ce cas, les conditions climatiques
(humidité et chaleur) et les règles d'hygiène
de stockage, qui sont les mêmes pour l'agriculture biologique
et conventionnelle, vont produire les mêmes effets dans les
deux cas. L'ochratoxine, classée dans le groupe 2 des carcinogènes
par le Centre international de recherche sur le cancer (Lyon) a
été trouvée aussi bien dans les vins AB que
AC de notre étude à des taux qui paraissent relativement
élevés, même si le règlement communautaire
(Joce L75 du 16/03/02) n'a pas encore fixé de teneur maximale
pour le vin. D'autres rapports font état de résultats
comparables en concentration, mais aussi en pourcentage de produits
étudiés.
L'ingestion de nitrates est associée à deux problèmes
sanitaires potentiels : la méthémoglobinémie
pouvant entraîner une mort subite chez les nourrissons, et
le risque de cancers (estomac et côlon) par la voie nitrates-nitrites-nitrosamines.
Les légumes sont les plus forts contributeurs à cet
apport. La charcuterie qui contient aussi des nitrites arrive ensuite,
puis l'eau. Comme attendu, et souvent rapporté, nous avons
observé plus de nitrates dans les produits AC que dans les
AB.
En ce qui concerne la qualité nutritionnelle, notre étude
suggère un avantage des aliments issus de l'agriculture biologique,
puisqu'on l'a trouvé dans 7 produits animaux AB sur 9, pour
1 seule fois dans les produits AC, et 8 fois sur 13 pour les produits
végétaux AB, pour 2 fois dans les produits AC. Les
études rapportent généralement que les produits
issus de l'agriculture biologique sont plus denses : rapport maigre/gras
plus élevé dans les aliments issus de l'agriculture
biologique que dans les conventionnels. Sur 7 études revues,
4 rapportent un taux plus élevé de matière
sèche : 2 sur 3 dans des laitues et 2 sur 4 dans des choux.
La plupart des études (8 sur 10) rapportent que les céréales
issues de l'agriculture biologiques contiennent moins de protéines
par grain que les conventionnelles, mais qu'il peut exister un enrichissement
en lysine, ce que notre étude a observé, bien que
la différence ne soit pas statistiquement significative.
Les résultats de Gundersen et al (20) sur les minéraux
des oignons sont différents des nôtres, puisqu'il a
mesuré des taux de calcium plus faibles dans les produits
issus de l'agriculture biologique, et des taux similaires pour le
potassium.
Cette différence peut venir du fait de la plus grande quantité
de matières sèches dans nôtre étude,
ou de la différence de nature des sols. En ce qui concerne
les minéraux, on peut dire que généralement
les différences entre produits issus de l'agriculture biologique
et conventionnelle apparaissent minimes.
Le magnésium est celui qui est le plus fréquemment
retrouvé en quantité supérieure dans les produits
issus de l'agriculture biologique, alors que le contenu en fer serait
plus important dans les produits AC (selon notre étude).
La principale différence entre AB et AC a porté sur
les acides gras et les phyto-nutriments et constituants. Les acides
gras poly-insaturés, essentiellement la série n-3,
ainsi que les vitamines anti-oxydantes et les microconstituants,
contribuent à la protection contre les maladies-cardio-vasculaires,
et peut-être contre les cancers. Ainsi ils jouent un rôle
important dans la prévention des maladies chroniques dégénératives
et la réduction de la mortalité toutes causes.
Les acides gras polyinsaturés (AGPI) sont en plus forte proportion
dans la plupart des produits animaux, comme observé par Lund
et al (23). Dufey et al (24) et Patushenko et al (25). La plus forte
quantité d'AGPI peut être expliquée par une
possible plus grande activité des bactéries dans le
rumen des animaux nourris et/ou par des aliments enrichis en graines
de lin, pour ce qui est de l'acide a-linolénique (ALA). Celui-ci
était toujours plus élevé dans les produits
AB, sauf dans le roquefort (taux comparable), ou dans le poulet
(AC supérieur à AB).
Ceci était inattendu puisqu'il a été rapporté
que les lipides des poulets élevés en libre parcours
présentaient une plus forte proportion d'ALA que ceux des
poulets élevés en batterie (18). Une explication possible
est l'alimentation de ces poulets par des tourteaux de soja contaminés
de lipides. Une plus grande proportion d'ALA a également
été observée dans l'épeautre, information
jamais rapportée, à notre connaissance.
La littérature dispose de peu données sur le contenu
comparatif en vitamines B des produits issus de l'agriculture biologique
et conventionnelle.
Les quelques résultats portent sur les céréales
et montrent des différences assez faibles, comme dans notre
étude.
La concentration de la vitamine C a été trouvée
plus élevée dans la moitié des 8 études
qui l'ont recherchée dans les pommes de terre, ce qui correspond
sensiblement à nos résultats. Borel et al (communication
personnelle) ont mesuré une concentration plus élevée
de ß-carotène dans les tomates issues de l'agriculture
biologique comparées aux conventionnelles, mais pas le lycopène.
Dans leur étude, le contenu en vitamine C était également
plus important, mais pas dans celle de Pither et al (26). Cette
variation de teneur des micronutriments dans la tomate peut être
liée (à variété égale) à
la différence de maturité des échantillons
puisque la vitamine C décroît avec la maturation, alors
que les caroténoïdes augmentent. Cet argument ne peut
être retenu dans notre étude pour expliquer la différence
entre AB et AC, puisque les tomates AB ont à la fois plus
de vitamine C et de caroténoïdes que les AC.
Les études sur des aliments tels les pommes de terre, le
maïs doux, les choux et les pommes n'ont pas montré
de différence quant à la teneur en vitamine E, il
n'y avait pas d'études avant la nôtre sur la tomate.
Gutierez et al, (27) ont montré que l'huile d'olive issue
de l'agriculture biologique avait un contenu en vitamine E plus
élevé que l'huile conventionnelle, en accord avec
nos résultats et Martin et al (28) ont rapporté que
les animaux qui se nourrissent dans les pâturages ont un lait
plus riche en vitamine E et caroténoïdes, donc avec
une plus forte capacité anti-oxydante.
Deux des 2 études conduites sur les pommes, 1 sur 3 pour
les fraises, la seule réalisée sur les poires, 1 sur
3 pour les tomates, 1 sur 2 pour les pommes de terre et la seule
réalisée sur les oignons ont montré des taux
plus élevés de composés phénoliques
dans les produits issus de l'agriculture biologique comparés
aux produits conventionnels. Cette observation n'est pas vraie pour
le cassis (2 études) et les courgettes (1 étude).
Contrairement à nos résultats, Levite et al (29) ont
trouvé un taux plus élevé de resvératrol
dans le vin issu de l'agriculture biologique comparé au vin
conventionnel, tandis que Guttierez et al (27) ont montré
qu'il y avait une plus forte concentration de composés phénoliques
dans l'huile d'olive en accord avec nos résultats.
En conclusion, nous avons étudié 22 aliments de façon
à avoir une vision globale de l'alimentation, puisqu'en matière
de prévention c'est le profil alimentaire qui est important
avec notamment l'importance du nombre d'aliments " sains "
régulièrement consommés (21). La majorité
des produits AB (18 sur 22 comparés à 3 sur 22 en
AC) tend à un avantage en sécurité sanitaire
(moins de xénobiotiques, de métaux lourds, de mycotoxines
et de nitrates) et/ou un avantage nutritionnel (acides gras, vitamines
et microconstituants). De plus, certains produits sont plus riches
en plusieurs micro-nutriments ou constituants, c'est le cas des
tomates pour les vitamines C et E, le ß-carotène et
le lycopène.
La différence en sécurité alimentaire est maintenant
largement reconnue.
Nos résultats ne sont pas toujours appuyés sur une
analyse statistique (seulement pour le poulet, le pélardon,
le roquefort, les lentilles et le pain) mais ils sont en accord
avec les résultats de la littérature. Ainsi, comme
cela a déjà été exprimé par Worthington
(30), même si chacun des résultats n'est pas significatif,
mis ensemble, ils forment un corps de données qui suggèrent
une plus forte qualité nutritionnelle des produits issus
de l'agriculture biologique.
Cette différence est variable et modeste en quantité,
mais peut induire un effet bénéfique résultant
de la synergie de cet ensemble d'avantages.
2/ Impossible d'affirmer aujourd'hui scientifiquement les effets
positifs pour la santé d'une alimentation constituée
d'aliments issus de l'AB.
Notre étude ne peut dire si les différences observées
peuvent se traduire dans l'organisme par une plus forte concentration
de ces nutriments, et ultérieurement par un avantage en terme
de santé. Une telle affirmation requiert un autre type d'étude
: une étude d'intervention à court terme évaluée
par des marqueurs biologiques pertinents selon un protocole croisé,
et/ou des études d'observation sur des consommateurs réguliers
et anciens de produits organiques, pourraient répondre à
cette question.
Un protocole de recherche est prêt, mais il demandera du temps
et de l'argent pour être réalisé avec les règles
scientifiques indispensables.
Deux populations devront être sélectionnées
et randomisées (tirées au sort).
Elles mangeraient les mêmes menus à tous les repas,
mais l'une recevrait exclusivement des aliments venant de l'AB et
l'autre les aliments provenant de l'AC. Quand l'agriculture raisonnée
(AR) sera scientifiquement organisée, labellisée,
on pourra prévoir un troisième groupe consommant les
aliments venant de cette procédure culturale. Combien de
temps devra durer l'étude ?
Quinze jours, un mois seront-ils suffisants pour observer des différences
significatives ?
Il reste une question éthique que l'on doit se poser. Si
les deux ou trois groupes de personnes testées sont bien
informées, ce qui est leur droit, accepteront-elles de consommer
des aliments de l'AC sans le savoir, mais en sachant qu'ils peuvent
contenir des produits toxiques, même si leur taux ne dépasse
pas la dose journalière admissible (DJA) ?
Avant que les scientifiques ne répondent, nous ne pouvons
pas déconseiller la consommation d'aliments provenant de
l'AB. Au delà des critères subjectifs couleur-odeur-saveur,
les résultats scientifiques obtenus comparant la qualité
nutritionnelle des aliments venant des 3 procédures culturales
AB, AR et AC confirment que les personnes qui choisissent de manger
"mieux et meilleur" en s'orientant vers une alimentation
de type méditerranéenne et en consommant le plus possible
les aliments provenant de l'AB font les bons choix.
Remerciements - Les auteurs remercient M. Saintot pour l'analyse
statistique, P. Borel et P. Gerber pour l'édition et la discussion
du manuscrit, les producteurs et échantillonneurs (Bioprim,
la Chambre d'agriculture du Languedoc-Roussillon) pour leur aide
dans la fourniture des produits. Le Docteur Mariette Gerber remercie
ses collègues du groupe de travail de l'Afssa pour les échanges
fructueux lors du travail commun et l'équipe d'édition
de l'Afssa pour son aide dans l'étude bibliographique.
Cette étude a été subventionnée par
le Conseil régional de Languedoc-Roussillon, et les Charbonnages
de France - Houillères du Bassin du Centre et du Midi et
de nombreux patients anonymes. Qu'ils en soient tous chaleureusement
remerciés.
Résumé
L'objectif de l'étude était d'évaluer le niveau
de contamination et la qualité nutritionnelle d'une série
d'aliments issus de différentes pratiques culturales dans
une perspective de prévention nutritionnelle. Des pools de
22 aliments issus de l'agriculture biologique (AB) et conventionnelle
(AC), ainsi que de 3 produits avec appellation d'origine contrôlée
(AOC) et de 4 issus de l'agriculture raisonnée (AR) ont été
analysés. Les échantillons étaient majoritairement
de mêmes origine, souche, variété et maturation.
Divers contaminants ont été recherchés, et
les micro-nutriments d'intérêt, mesurés. Deux
échantillons AB et 5 AC sur 16 échantillons de chaque
origine contenaient des contaminants.
Sept sur 9 échantillons animaux et 8 sur 13 végétaux
AB ont montré un avantage nutritionnel. Qu'un tel avantage
se traduit réellement par un avantage santé reste
à démontrer.
Mots-clés
Produits de l'agriculture biologique, xénobiotiques, contaminants,
qualité nutritionnelle.
Références Scientifiques
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Correspondance :
Professeur Henri Joyeux, Département de chirurgie et nutrition.
Dr Mariette Gerber, Groupe d'épidémiologie métabolique,
Centre de recherche en cancérologie, Inserm-CRLC,
34298 Montpellier cedex 5.
e-mail : hjoyeux@valdorel.fnclcc.fr et mariette.gerber@wanadoo.fr
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